Le Théâtre régional Kateb-Yacine de Tizi-Ouzou a accueilli,  récemment,  la représentation de la pièce théâtrale «Cheikh El Hadj M’Hamed El Anka El Meddah», rendant hommage au grand maître du  châabi. Le spectacle écrit et mis en scène par Mahfoud Fellous revient sur des étapes du parcours artistique exceptionnel du Cheikh M’Hamed El Anka (1907-1978)

, un rôle campé par Mohamed El Hadj Boualem  qui retrace des événements qui ont marqué la carrière fulgurante de celui qu’on surnommait le «Cardinal» rapporte l’APS. Le spectacle d’un peu plus d’une heure et demie s’est ouvert par un tableau représentant les parents d’El Anka, se souciant de l’éducation et de l’avenir de leur enfant qui présentait des prétentions musicales, s’inquiétant de ses penchants artistiques car ce n’était pas admis par la société à l’époque. Le Cardinal apparaît au deuxième tableau à la terrasse du café «Kahwet lagare », où il rencontre son futur maître, Cheikh Mustapha Nador. Ce dernier  l’intégrera dans sa troupe musicale ayant apprécié sa mémoire vive et sa capacité à apprendre et mémoriser un « qucid » après l’avoir écouté une seule fois. La représentation est ainsi marquée par une succession de tableaux relatant les grands moments de la carrière artistique d’El Hadj M’hamed El Anka. Il est également mis en exergue l’influence du milieu populaire, l’ambiance de La Casbah d’Alger où il a vécu et les événements de son époque, en l’occurrence le colonialisme français, la Révolution et l’indépendance nationale, sur son art. Un répertoire musical qu’il a voulu populaire, ayant fait le choix de s’adresser sans détours au cœur des enfants de son peuple. Joué dans un arabe dialectal algérois,  la pièce rend aussi hommage au parler du vieil Alger ponctué de dictons et de proverbes,  aux traditions de cette société née d’un brassage de populations de plusieurs régions d’Algérie, ainsi qu’aux métiers de la misère pratiqués par les Algériens sous le colonialisme (vendeurs de journaux, porteurs, cireurs de chaussures…). La référence à la résistance du peuple au colonisateur, aussi qu’à la libération nationale est fortement présente dans la pièce. Ces événements ayant accompagné et forgé le parcours du maître du chaabi