La crise sanitaire, dont la fin ne semble pas de sitôt, bouleverse de fond en comble le système d’organisation des écoles, collèges et lycées de la République. La crainte d’une contamination à grande échelle des élèves pousse à des scénarios à la fois complexes et inédits. La rentrée des petits écoliers mercredi prochain s’annonce comme une opération test…

La rentrée scolaire 2020-21, dont le premier contingent est attendu mercredi prochain avec les élèves du primaire, prend d’ores et déjà les allures d’une rude épreuve notamment pour les chefs d’établissement et les enseignants tenus de se conformer aux «plans exceptionnels» annoncés par le ministère de l’Education nationale.
Les chefs d’établissement sont attendus sur plus d’un aspect. Il s’agit pour eux de s’adapter au volume horaire, à l’alternance des journées de scolarité et au protocole sanitaire. Autrement dit, c’est une gestion complètement nouvelle que celle à laquelle ils étaient habitués jusque-là, notamment à travers le réaménagement du volume horaire, qui va sans aucun doute bousculer les habitudes du personnel.
L’équation semble, selon toute vraisemblance, plus complexe dans les écoles primaires qui vivent depuis plusieurs années le problème de la surcharge des classes. Et si les «plans exceptionnels» imposés par la prévention contre la Covid-19 offrent une opportunité d’éliminer cette surcharge, la partie ne sera pas facile dès lors que les établissements du cycle primaire vont devoir compter avec les sous-groupes. C’est ainsi que le plan exceptionnel prévoit, pour les écoles primaires travaillant en double vacation, un système de travail, matin et après-midi, en alternance pour les deux groupes, ainsi qu’une répartition des élèves en groupes, chaque groupe pédagogique étant divisé en deux sous-groupes, tout en maintenant l’emploi du temps de l’enseignant. Il s’agit aussi de «l’alternance entre les deux groupes tous les deux jours pour une semaine de 6 jours, une alternance toutes les deux semaines, avec réduction proportionnelle du volume horaire pour chaque matière, tout en se focalisant sur les apprentissages fondamentaux pour chaque matière.
Dans les deux cycles supérieurs, le moyen et le secondaire, l’équation semble moins complexe dans le sens où le problème de la surcharge des classes ne se pose que rarement. Pour les collégiens et les lycéens, les classes seront divisées en groupes qui se relayeront entre le matin et l’après-midi, soit de 8H à 12H40 ou de 13H30 à 17H25 avec une exploitation maximale et rationnelle des infrastructures. Reste à ce niveau ce que cela risque de générer l’heure tardive de sortie des classes (17H25) pour que les écoliers puissent rentrer chez eux, une donne qui interpellera sans doute les autorités locales afin de garantir les moyens de transports nécessaires. Pour les enseignants, la partie ne s’annonce pas moins compliquée, car en plus du souci de remotiver les élèves en rupture d’école depuis mars dernier, il s’agit de s’adapter à la nouvelle donne du point de vue pédagogique d’autant plus que la durée de la séance doit passer de 1 heure à 45 minutes avec tout ce que cela suppose comme nécessité d’expliquer à l’apprenant en trois-quarts d’heure ce que l’enseignant avait l’habitude de faire en une heure.
Il reste cependant que ces «plans exceptionnels» risquent de ne pas susciter l’adhésion des enseignants qui verront mal leur volume de travail augmenter, eux qui n’abordent que faiblement la donne pédagogique dans l’enseignement et qui s’alarment déjà à l’idée d’assurer des cours le samedi. Mais c’est la mission de la tutelle de les convaincre qu’il s’agit bel et bien d’une année scolaire exceptionnelle qui nécessite des concessions de toutes parts. Ce sera également une opportunité pour la tutelle de procéder à de nouveaux recrutements d’enseignants pour pouvoir encadrer les classes qui se sont multipliées en groupes et sous-groupes. D’autant plus que des centaines, voire des milliers, de diplômés se bousculent au portillon du ministère de l’Education en quête désespérée d’un poste. <