Par Rouchdi BERRAHMA
Au Portugal, tout est négociable. Même une agression : voici donc le titre de ma chronique polar de la semaine, qui n’est autre que la phrase qui m’a le plus interpellé dans «Château de cartes», le dernier livre de l’auteur de polars portugais Miguel Szymanski. Le roman est édité par Agullo (France) et vient juste de sortir en librairies (24 mars dernier). J’ai lu ce roman noir captivant et je le recommande vivement à tous ceux qui aiment les bonnes histoires. Premièrement, parce que son auteur est l’un des rares auteurs de polars portugais contemporains. Et deuxièmement, parce qu’il met Lisbonne, «la ville aux mœurs douces», en toile de fond.

Le roman noir pour décrire un Portugal en pleine crise financière
«Château de cartes» est le premier livre de la série Marcelo Silva, un ex-journaliste expérimenté, qui est nommé à la tête d’une nouvelle brigade anti-corruption dans une Lisbonne pleine à craquer de touristes et où les vices et les perversions de l’élite, qui contrôle le pays, sont masqués à la vue de tous. Dans les premiers jours de son nouveau poste, Marcelo Silva est confronté à la disparition de l’un des banquiers les plus influents du pays. Marcelo a pour mission de le retrouver. Pour cela, il doit inévitablement s’emmêler dans les mailles de la pègre de la haute finance et de la corruption politique. Il arpente alors les rues de Lisbonne pour démasquer les criminels qui ont mis le Portugal au bord du gouffre. Dans une histoire à caractère autobiographique qui suit un cours particulier d’événements, Miguel Szymanski, un journaliste bien connu en Allemagne et au Portugal, s’est aventuré dans un roman noir haletant et habilement construit, où le profit prime sur la vie, avec des personnages qui dépeignent la vie portugaise des dernières décennies, une enquête gouvernée par les lois de l’économie et une intrigue qui se confronte à la crise politico-financière qui a récemment frappé le Portugal. Miguel Szymanski embarque les lecteurs dans un voyage insolite au cœur d’un Portugal en pleine austérité. Il s’empare des mécanismes du monde de la finance pour le mettre au service du polar, dans le but de décrire des comportements humains tels que la convoitise, la lutte au pouvoir et les vengeances, entraînant par la même occasion les lecteurs dans une atmosphère tantôt macabre tantôt comique. Seul un journaliste expérimenté et spécialisé en économie serait capable d’écrire un roman noir comme «Château de cartes». Vivement le numéro suivant !

Résumé de l’éditeur
Marcelo Silva, ex-journaliste désabusé, a quitté l’Allemagne où il était correspondant, pour lutter contre la corruption au Portugal. Il a choisi «le glaive à la lame affûtée plutôt que le stylo rouillé» et se retrouve à la tête d’une brigade financière à Lisbonne. Dès sa nomination, le voilà confronté à la disparition d’un millionnaire lié à un scandale financier sur le point d’éclater. Pendant dix jours, il va parcourir la ville inondée de touristes à la poursuite du banquier disparu, et tenter d’en finir avec les agissements d’une élite financière et politique qui a laissé le pays au bord de la ruine.
Naviguant entre filles de bonne famille et politiciens corrompus, puissants millionnaires et réseaux de prostitution, Marcelo Silva, fidèle à ses principes, nous emmène dans un voyage au-delà des apparences et révèle ce qui se cache derrière la vitrine de la «ville aux mœurs douces».

Miguel Szymanski, né à Faro en 1966, est écrivain et journaliste. Spécialisé en économie, il a travaillé pour divers titres de presse au Portugal et en Allemagne. Il est désormais correspondant de l’hebdomadaire Der Freitag et du journal Portugal Post et commente également l’actualité au Portugal pour plusieurs télévisions et radios en Allemagne et en Autriche.
«O Economista Acidental», son premier roman, a été publié en 2010 au Portugal. En 2019, il entame une série mettant en scène un ancien journaliste reconverti en patron de brigade financière. Le premier volume, «Château de cartes» est paru au Portugal en 2019, suivi du deuxième, «O grande Pagode», paru en 2020.