Dans le cadre des mesures destinées à atténuer la pression et l’impact du coronavirus Covid-19 sur les entreprises, le ministère des Finances a décidé de geler le paiement des charges financières des opérateurs économiques touchés par la pandémie.
Cette mesure fait suite aux décisions prises par le Président de la République au profit des entreprises et des petits métiers visant à atténuer les effets des mesures sanitaires qui, faut-il le souligner une nouvelle fois, ont mis à genoux l’ensemble des entités économiques du pays, tous calibres confondus.
En ce sens, les banques et établissements financiers ont adopté des mesures de sauvegarde des entreprises et de l’outil de production, applicables pour une période de six mois, à compter du 1er mars 2020. Ces mesures portent sur le report et/ou le renouvellement des échéances des crédits arrivés à échéance le 31 mars 2020 et postérieurement et sur la consolidation des impayés non traités à la date du 31 mars 2020 et postérieurement, fait savoir la tutelle dans une correspondance adressée à l’Association des banques et établissements financiers (Abef).
De plus, ces mesures intègrent la prorogation des dates limites d’utilisation des crédits et les différés de paiement ainsi que l’annulation des pénalités de retard des créances exigibles à la date du 31 mars 2020 et postérieurement et le maintien et/ou le renouvellement des lignes de crédit d’exploitation. «Ces mesures sont soutenues par le Trésor, par le maintien de l’avantage de la bonification des taux d’intérêt aux crédits d’investissement», rappelle le ministère, ajoutant qu’un accord de principe a été notifié par le Trésor aux banques dans ce sens et qu’un décret exécutif fixant les modalités d’application de cette mesure est en cours de signature.
Par ailleurs, un dispositif spécifique et exceptionnel a été mis en place par la Banque d’Algérie à travers l’instruction n° 05-220 du 6 avril 2020, portant
mesures exceptionnelles d’allègement de certaines dispositions prudentielles applicables aux banques et établissements financiers, en matière de liquidité, de fonds propres et de classement des créances, afin d’adapter certaines règles prudentielles à la
situation exceptionnelle que vit notre pays et qui affecte l’économie mondiale, fait savoir la même source.
Les banques appelées à
«une évaluation objective des préjudices subis»
Dans sa correspondance adressée à l’Abef, le ministère exhorte cette association à procéder à «une évaluation objective des préjudices subis et du manque à gagner des opérateurs économiques de leurs portefeuilles, particulièrement les PME ainsi que les petits métiers» et met l’accent sur «la nécessité de faciliter l’action des opérateurs économiques et de les accompagner, durant toute la période de confinement». Ainsi, «aucune mesure pénalisante ne devra leur être appliquée durant cette période», est-il rappelé.
Ces mesures, souligne le ministère, interviennent alors que «la crise sanitaire a produit des effets économiques négatifs, dus à la suspension d’un grand nombre d’activités». «Ces effets ont touché tous les agents économiques», soutient la même source.
La réactivité du ministère des Finances devrait sans doute soulager les opérateurs économiques qui ne cessent de dénoncer la bureaucratie qu’ils affrontent lorsqu’il s’agit de mettre en pratique les décisions d’urgence prises par les pouvoirs publics, à l’exemple de celle ayant sanctionné le tout frais Conseil des ministres. C’est d’ailleurs ce qu’a fait une énième fois le président de la Confédération algérienne du patronat citoyen (CAPC), Samy Aghlil. Au lendemain de ce conseil, ce dernier s’est dit désolé que «l’administration n’arrive pas à appliquer les directives de l’Etat et permettre une relance économique. La problématique est que la bureaucratie et à tous les niveaux et surtout au niveau des banques qui prennent beaucoup de temps à suivre l’application des directives gouvernementales». Dans le cas des banques, M. Aghli a soutenu qu’«elles doivent, aujourd’hui, accompagner plus que jamais les entreprises». D’autant plus, que le président de la République a donné des instructions fermes mais cela tarde à être effectif dans la réalité». Message reçu, visiblement, par le ministère des Finances. <