C’est sous le thème «La sécurité alimentaire  et le développement durable en milieu semi-aride : défis de l’agriculture en milieu semi-aride» que la salle de conférences Mouloud Kacem Nait-Belkacem de l’université Ferhat Abbas –Sétif1-  a abrité, durant les 8, 9 et 10 décembre un colloque international.

Organisé par la faculté des sciences de la nature et de la vie en étroite collaboration avec l’association «Trait d’union» de Sétif, cet événement scientifique a vu la participation de nombreux chercheurs des universités nationales, mais aussi étrangères, notamment de France, de Tunisie et de Turquie. Selon le comité d’organisation, cette rencontre internationale a pour but de mettre en évidence l’importance des systèmes de production agricole et alimentaire dans la lutte contre les changements climatiques. « Elle vise à présenter des solutions concrètes et multisectorielles afin de faire face à cet enjeu qui est à caractère mondial. Egalement, cette rencontre vise aussi à définir d’une manière concrète les voies et les moyens pour concilier «développement » et « durabilité » de l’agriculture, nous dira un membre de l’organisation. Lors de cette manifestation scientifique, plusieurs thèmes ont été abordés, notamment ceux relatifs à l’interaction entomofaune forestière et santé publique, l’agriculture entre réalité et enjeux économiques, l’élevage et autonomie alimentaire, la biotechnologie au service de l’agriculture, la gestion durable des sols et de l’eau, et l’aquaculture et pisciculture. M. Lahmar, chercheur au centre international de recherche agronomique pour le développement (CIRAD), a tenu à souligner que la question céréalière est devenue une arme comme le pétrole. Cette question se pose sérieusement en Algérie, car elle est le deuxième pays importateur du blé à l’échelle africaine après l’Egypte et le troisième au niveau mondial après l’Egypte et l’Indonésie. « On va faire un calcul simple, on prend deux quintaux par personne, nous sommes 40 millions, on consomme 8 millions de tonnes de blé par an, alors que nos capacités de production chaque année nous donnent un maximum de 3 millions de tonnes par an. Donc, on importe 5 millions de tonnes chaque année, et la question est de savoir si on peut supporter cette tendance, sachant que nous importons les deux tiers que nous mangeons, que notre population continue à s’accroître sur le même rythme actuel – on estime qu’on sera 72 millions en 2050 – et si on maintient le niveau de consommation actuel c’est-à-dire 190 kg par tête, il nous faudra 13 millions de tonnes en 2050, encore une fois la question est peut-on réponde à cela ? » s’est-il fort justement interrogé. Notre interlocuteur a ajouté qu’un appel a été fait à la communauté afin de réfléchir et apporter des solutions techniques, tout en insistant que tous les acteurs doivent intervenir. « Il faut que l’agriculteur, le chercheur, le gestionnaire, le législateur doivent se mettre autour d’une table pour trouver des solutions. Il existe beaucoup de solutions possibles comme le semi direct qui est apparu comme une réponse à une crise alimentaire, une crise environnementale, une crise d’érosion très forte au Brésil, mais avant ça dans les années 1930 une crise très forte aux Etats-Unis. Aussi, il y a l’agriculture de conservation qui est une série de techniques qui sont basées sur le travail du sol », a-t-il expliqué. Par ailleurs, le professeur Moujahed Nizar de l’INAT de Tunis a développé une cession plénière sur la production animale, notamment l’alimentation, le cas des huiles essentielles. L’intervenant a tenu à souligner que les huiles essentielles présentent plusieurs avantages sanitaires pour les animaux connus depuis très longtemps par les paysans. Notre interlocuteur a précisé que cette technique est utilisée sur le plan mondial depuis une dizaine d’années et a des effets positifs sur la qualité des produits (lait et viande) et sur la performance de l’animal.