Le dernier mouvement opéré à la tête des cours de justice est différent des précédents, a affirmé, hier, le ministre de la Justice, gardes des Sceaux, Belkacem Zeghmati, qui a loué les critères pris en considération dans les nouvelles désignations.
Intervenant à l’occasion de la cérémonie d’installation du nouveau président de la Cour d’Alger, au siège de la Cour d’Alger, le ministre a évoqué des «critères objectifs» dans le choix des nouveaux chefs des juridictions. «Ce mouvement n’est pas comme ceux opérés antérieurement autant par le nombre que par les critères qui ont prévalu dans le choix des nouveaux présidents de cour et procureurs généraux», a-t-il soutenu, en citant celui de la «spécialité dont on a tellement besoin dans le fonctionnement et l’encadrement des juridictions». Relevant que ceux ayant été nommés occupaient le poste de vice-président de cour, le ministre a indiqué qu’il s’agit d’une «consécration des efforts et de la compétence», en rupture avec les considérations basées sur «l’allégeance, le népotisme, les intérêts occultes…». Il a ajouté que ce mouvement a pris en compte les qualités professionnelles des magistrats, leur probité et leur honnêteté, ajoutant qu’il y a aussi un «souci» d’améliorer la prestation des juridictions.
Jeudi passé, pour rappel, un mouvement a été introduit dans le corps des présidents de cours de justice avec la nomination de 17 présidents, le transfert de 18 autres et des fins de fonctions pour 17 présidents, selon un communiqué de la présidence de la République. Pour les procureurs généraux, le communiqué a fait état de la nomination de 18 procureurs généraux, le transfert de 17 autres et des fins de fonction pour 19 procureurs généraux. L’objectif attendu à travers ces changements est de «donner un nouveau souffle» à l’action judiciaire en améliorant «le service public de la Justice», a souligné la Présidence.
Il s’agit aussi de parvenir, selon la même source, à «la reconsidération des fonctions qualitatives dans le corps de la justice», ce corps qui reste incontestablement sous les feux de la rampe avec la succession toujours en cours des procès de corruption engageant de hauts anciens responsables au sein des institutions de l’Etat et des acteurs du monde économique et des affaires.
Sur un autre registre, M. Zeghmati a fait état, hier, d’un projet de loi sur «la rétorsion contre les porteurs d’armes blanches, en tête, les bandes s’affrontant à l’épée», déplorant «un phénomène étranger à la société algérienne et qui prend des proportions inquiétantes jusqu’à installer un climat de peur et de terreur dans les cités». Le ministre a indiqué, à cet effet, que le texte était en phase de finalisation, relevant que la Justice était «concernée en premier ressort par la préservation de la paix et la quiétude sociale», sollicitant l’apport des magistrats pour lutter contre ce phénomène. Il a évoqué, à ce propos, la cybercriminalité et l’utilisation des réseaux sociaux pour porter atteinte aux personnes ainsi qu’à leur probité morale, notant que même «les institutions de l’Etat n’étaient pas épargnées». Relevant que «les auteurs de ces méfaits s’abritent derrière l’anonymat et l’impunité jusque-là», le ministre a appelé les juristes et les magistrats à faire preuve «de vigilance extrême» sur ce terrain afin de parvenir à asseoir la paix et la sérénité dans les cités.