Par Par Hakim Ould Mohamed
Pendant que l’inflation et la crise énergétique en Europe font chuter les bourses et la valeur de la monnaie unique, en Algérie, c’est aussi l’inflation qui contribue à l’appréciation du dinar face aux deux principales devises, à savoir le dollar et l’euro.
La monnaie nationale s’apprécie, à nouveau, cette semaine, face à la principale devise du Vieux Continent, dont la valeur est fixée à 139,78 dinars à l’achat et à 139,85 à la vente. En revanche, la valeur du dollar est fixée à 140,36 dinars à l’achat et 140,37 dinars à la vente sur le marché interbancaire des changes. C’est un fait rare, mais le billet vert passe au-dessus de la monnaie unique.
Le dinar connaît une nette appréciation depuis juillet face aux deux principales devises sur le marché officiel des changes, dans un contexte marqué par un net rebond de l’inflation, dont le taux a atteint 9,4% en juillet, en moyenne annuelle, flirtant ainsi dangereusement avec les deux chiffres. Un niveau jamais vu depuis 2012, date des grands rattrapages salariaux qui ont été à la source directe d’une forte pression inflationniste.
Il a fallu que la Banque centrale intervienne, en 2013, en menant des opérations de désinflation pour que la fièvre retombe quelque peu. Le scénario semble se répéter, puisque depuis juillet, il y aurait un changement de cap dans la politique de change de la Banque centrale, laquelle institution aurait tiré le frein à main de la dévaluation afin de lutter probablement contre l’inflation ambiante. D’autant plus que c’est une inflation, en partie d’origine importée.
Dit autrement, un dinar faible sert à renchérir les importations et à augmenter artificiellement les revenus en dinar de la fiscalité pétrolière. L’appréciation du dinar de ces dernières semaines servirait à limiter l’impact de la hausse des prix des produits de base sur l’inflation.
La valeur de l’euro tournait autour de 165 à 166 dinars il y a à peine trois mois, contre 139 dinars aujourd’hui, alors que celle du billet vert était de 147 à 149 dinars, contre 140 dinars aujourd’hui. En variation trimestrielle, l’appréciation du dinar est plus visible qu’en variation mensuelle, puisque cette tendance à l’appréciation a été entamée depuis juillet. Reste à savoir si cette appréciation pourrait, à elle seule, faire retomber la fièvre inflationniste. Tout le monde s’accorde à dire que des mesures supplémentaires sont nécessaires afin de lutter contre l’inflation et améliorer le pouvoir d’achat. n