Tout est parti d’un incident disciplinaire. Un entraîneur adjoint de l’Istanbul Başakşehir, Pierre Achille Webo, qui râle beaucoup et un quatrième arbitre qui le signale au referee principal. Pour le situer sur le banc afin qu’il soit exclu, il dit : «le type noir là-bas». Ce qui devait être une désignation a fait basculer la partie dansa une ambiance de soulèvement sportif sur fond de racisme présumé. Assez pour provoquer l’arrêt de cette rencontre comptant pour la 6e journée de la phase de poules de la Ligue des Champions UEFA. Les deux équipes ont décidé de rentrer aux vestiaires et ne plus revenir sur le terrain.

«Le noir là-bas, vas voir qui il est», c’est ce que le 4e arbitre roumain, Sebastian Coltescu, aurait lâché auprès de du directeur du jeu central Ovidiu Hategan afin qu’il reconnaisse Pierre-Achille Webo et le fasse exclure pour contestations récurrentes. C’est donc par sa couleur de peau que Coltescu a désigné l’ancien international camerounais qui est membre du staff technique des Stambouliotes.
Le terme «negru» aurait été utilisé dans la version originale. C’est fort logiquement que l’ex Lion Indomptable a pensé que cela voulait dire «Negre» et il s’en est ouvertement scandalisé. Une réaction légitime car cela a une connotation raciste avérée.

Décontextualisation de l’incident
Cependant, cet incident a provoqué comme une réaction décuplée par un surdosage de la victimisation. L’ambigüité aurait pu être dissipée avec plus de sagesse et de recul si les différentes parties avaient privilégié le sport qui reste un fédérateur et un rassembleur par excellence.
Il y a eu comme une amplification de la scène. Précédemment, des faits plus graves ont été recensés sur les terrains de football où le langage utilisé sur les pelouses et entre les acteurs est plus «virulent». Sans oublier les supporters qui imitent des cris de singes ou lancent des bananes sur les pelouses quand un joueur de couleur foncée se trouve aux abords du terrain pour s’échauffer ou frapper un corner.
Il ne s’agit, bien sûr, pas de faire comme si de rien n’était. On ne va pas exclure la présence du racisme dans différents domaines. Ça serait nier la réalité. Cependant, cet arbitre ne représente que lui-même. Et c’était un fait qui s’est passé en dehors du rectangle vert. Les acteurs pouvaient marquer le point sans laisser cet «à-côté» venir déteindre sur les valeurs véritables que véhicule le sport à savoir : la performance qui prime surtout autres aspects physiques et l’image cosmopolite qu’il donne. La décision de tout stopper reste un peu brutale et impulsive pour remédier à un phénomène délicat qui doit être combattu d’une manière plus «subtile».

La «suprématie» sportivo-lucrative
A partir de là, on peut comprendre que le racisme, même présumé, gagne sur le fair-play et l’éthique footballistiques. Ce qui est fort regrettable. Ces épisodes ne font que creuser encore le fossé et faire de la place à des faits isolés en plus de mettre la lumière sur les adeptes de la bêtise humaine qui sont loin d’être majoritaires. Un effet de loupe qui garantit le «buzz» pour les anti-noirs et les suprématistes en recherche désespérée de notoriété. De l’autre côté, l’excès de victimisation peut faire croire qu’on est toujours à l’époque de l’esclavage, phénomène aboli en 1865 par Abraham Lincoln aux USA.
Depuis, la vie des personnes de couleurs a changé vers le mieux. D’ailleurs, dans le sport, il y a des disciplines où ils sont en nombre comme dans la NBA. Les LeBron James, Michael Jordan outre le regretté Kobe Bryant et Kareem Abdul-Jabbar ainsi que Magic Johnson sont considérés comme des maîtres de la balle au panier. Aussi, parmi les 5 sportifs milliardaires, 3 sont des Afro-américains et ils étaient les premiers à atteindre ce cap. Il s’agit de Jordan (basketball), Toger Woods (Golf) et Floyd Mayweather (Boxe).
Les deux autres, Cristiano Ronaldo et Lionel Messi (football), n’ont intégré le cercle fermé que récemment. C’est pour dire que le sport reste loin de ces idéologies ségrégationnistes. La performance primera sur toute suprématie. Jusqu’à preuve du contraire.
Pour le reste, c’est destiné à la consommation avec des sujets assaisonné aux épices du sensationnel. Et la mayonnaise semble prendre car beaucoup en sont friands.