Le docteur Mohamed Bekkat Berkani, membre de la Commission nationale de veille et de suivi de l’évolution de la pandémie de Covid-19, s’était montré craintif. Cependant, ledit comité a fini par accorder l’autorisation pour que la rencontre entre le CR Belouizdad et le Mamelodi Sundowns (Afrique du Sud) se déroule le 27 février prochain à Alger. Pourtant, la tenue de ce duel présentait « un risque réel » selon Berkani. Et ce, en raison du variant sud-africain du Coronavirus qui menace de trouver chemin vers l’Algérie avec la délégation de l’équipe visiteuse.

« Le déroulement de cette rencontre en Algérie représente un risque réel. La situation en Afrique du Sud est hors de contrôle en raison du variant du Covid-19. Le match doit être délocalisé pour éviter toute propagation du virus », c’était l’approche initiale du Dr Bekkat qui n’a pas hésité à montrer son inquiétude. Le tout en expliquant que « ce que nous craignons dans ce genre de situation, ce sont les faux tests négatifs que peut présenter la délégation sud-africaine à son entrée au pays. Il n’y a pas de risque zéro. Le variant sud-africain peut être même résistant au vaccin. Donc, l’idéal est la délocalisation de cette rencontre.»

Les Marocains n’ont pris aucun risque
A partir de là, on pensait que les décideurs algériens allaient considérer ce diagnostic en demandant aux dirigeants du CR Belouizdad, équipe hôte, d’organiser cette explication comptant pour la deuxième journée du tournoi africain en dehors de nos frontières. C’était, par exemple, le cas pour le duel entre le WA Casablanca et les Kaizer Chiefs, qui devait se dérouler samedi en ouverture de la phase de poules de la LDC CAF au Maroc. Le match a fini par se tenir au stade Al Salam du Caire (Egypte) étant donné que les Autorités marocaines ont refusé l’accès au pays au team de l’Afrique du Sud.
C’était donc le risque zéro du côté du Royaume chérifien qui n’a pas badiné avec les paramètres sanitaires pour une pandémie difficilement contrôlable et qui nécessite une précaution optimale. Surtout après l’apparition d’une nouvelle souche du virus en Afrique Sud. Une version qui aura fait des ravages car présentant un risque de contamination plus élevé et une propagation plus rapide.

Sans « quatorzaine » le draconien ne rime à rien
Hier, le « Chabab » a indiqué sur sa page officielle que sa direction « a été destinataire d’une correspondance de la Fédération algérienne (FAF), l’informant que le match est maintenu à sa date initiale. L’instance fédérale a demandé au CRB de renforcer les mesures pour l’application stricte du protocole sanitaire.» Est-ce qu’une simple recommandation de « renforcer d’une façon draconienne les conditions sanitaires afin de préserver la santé des participants à cette rencontres », suffirait pour que cette partie de football passe sans avoir un impact direct sur la situation pandémique en Algérie ? Rien n’est moins sûr.
Aussi, dans le qualificatif « draconien » implique de soumettre l’ensemble des Belouizdadis (joueurs, staff technique et administratif) ayant été au contact avec leurs homologues du Mamelodi à une quatorzaine après cette explication. Mesure protocolaire qu’il serait impossible de respecter puisque le CRB devrait rester sans compétition pendant deux semaines dans ce cas. Somme toute, au-delà de l’aspect sportif, cette affiche ne se terminera pas au bout des 90 minutes puisque ses véritables conséquences ne peuvent être évaluées que dans les jours d’après. On espère qu’il n’y aura pas de dégâts.