Ammar Bouras est de ceux qui ne parlent pas beaucoup, mais qui travaillent. Depuis la fin des années 1990, c’est un pion essentiel dans l’échiquier de l’athlétisme algérien. Son CV d’ailleurs parle pour lui. Qu’on en juge. Des études au Creps de Constantine 1976-78, l’ISTS 78-83, magister en Algérie, diplôme supérieur en entraînements sportifs de Cuba, doctorant toujours à Cuba. Ceci pour les études. Puis, viendra le temps du boulot à la Fédération d’athlétisme et le COA, entraîneur national, directeur des équipes nationales, président de la Fédération à deux reprises, 1er vice-président du COA, cadre d’études communication et sponsoring à Sonatrach, le tout ponctué par des titres de ses élèves, comme la médaille d’or olympique pour Hassiba Boulmerka, puis deux autres mondiales, et deux autres en bronze, pour elle et Brahmi, sans compter les récompenses méditerranéennes et continentales avec beaucoup d’athlètes. Il sera aussi entraîneur des équipes nationales de demi et de fond puis, entraîneur d’élite dans les années 1990.

A son tableau d’athlètes entraînés, figurent Hassiba Boulmerka, Azzedine Brahmi, Sakhri A., Sakhri Sid-Ali, Affane K., Youbi A., Benslimani, Gatt Riad, Bouldjadj, Bouras Z., Bensalem, Haddar, et bien d’autres…
A Doha, Amar n’était pas entraîneur, mais  invité de marque de la Fédération internationale d’athlétisme, où son « pote » Sébastien Coe, son président et coureur légendaire du demi-fond britannique, devait l’honorer avec la médaille d’honneur olympique. C’est dire que Bouras, le natif du quartier populaire de Bab El Kantra de Constantine, comme il aime le souligner à chaque fois, a du ressort, non seulement dans les jambes, mais aussi dans ses propos. Des championnats du monde, des athlètes algériens et des scandales à répétition au COA, il en disserte. Alors chaussez vos crampons et suivons Ammar Bouras qui se livre à Reporters juste après la clôture des Championnats du monde de Doha. 

Reporters : Les Championnats du monde d’athlétisme ont vécu. Vos impressions générales sur le déroulement de ces joutes qui ont fait couler beaucoup d’encre…
Ammar Bouras : Nous avons vu les Championnats du monde d’athlétisme avec un niveau, je pense, le plus élevé depuis leur création en 1983. Il y a eu des concours somptueux et des courses extraordinaires comme, par exemple, le concours de longueur dames, de triple saut, du poids masculin où la médaille d’or s’est gagnée avec 1 cm de différence et  avec des performances proches du record du monde, la course de 400 m haies, où il y a eu un nouveau  record du monde ainsi que la  performance de très haute qualité aux 400 plats féminin de la Bahreïni (mère nigérienne). A la lumière de ces Championnats du monde, il y a eu 210 pays participants. 44 pays sont rentrés avec des médailles dont 9 pour l’Afrique et, surprise, l’Afrique du Sud qui repart bredouille alors que c’est un pays qui a une fédération très riche. 9 pour l’Amérique et les Caraïbes, 19 pour l’Europe, sans la Russie hors concours, 2 pour l’Océanie et enfin 4 pour l’Asie.  
Mais beaucoup de responsables ont décrié les conditions d’hébergement et surtout la chaleur insupportable qui a beaucoup affecté les athlètes en dehors du stade…
 Les épreuves hors stade ont été tout simplement inhumaines avec énormément d’abandons et je pense que ces championnats vont laisser des traces certaines sur les organismes des athlètes. J’étais présent sur le parcours lors de l’épreuve de marathon féminin. Non seulement il y avait une terrible chaleur, mais aussi une humidité insupportable bien que comme aux épreuves de marches de pays comme la Chine et le Japon, ces phénomènes ont été étudiés et il y a eu de biens meilleurs résultats. Pour ce qui est des critiques, on se réfère généralement aux médias français, donc nous avons tendances à suivre la presse française qui a été, comme d’habitude, très négative sur le déroulement de ces championnats. Des critiques qui ont fusé après la non-qualification à la finale du saut à la perche de Renaud Lavillenie, Yohann Diniz dans le 50 km marche, entre autres, et l’abandon de Kevin Meyer, super favori du Décathlon. Dans les autres presses mondiales, les critiques ont été moindres. Il faut savoir aussi que ces championnats du monde se sont déroulés dans un pays où aucune culture de l’athlétisme n’est présente. Il a fallu une grande opération de communication dans les médias qataris pour que le stade se remplisse les trois jours de la participation de leur idole locale Muta Essa Barshim qui a triomphé de l’or à la hauteur et a déplacé la grande foule. Les conditions d’hébergement et de restauration, comme j’ai eu à le constater, étaient tout juste correctes. J’ai vu des championnats pires. Par contre, les transports étaient défaillants les premiers jours et après cela s’est amélioré. Je pense que le Qatar avait les moyens d’organiser ces championnats du monde mais avait négligé beaucoup de domaines.
 Le Kenya que l’on disait moribond est revenu très fort, même avec les contrôles médicaux et la suspension de beaucoup de ses entraîneurs. Est-ce à dire que ce pays déborde de talents ou que l’expérience de ces 20 dernières années paye ? 
Le Kenya est un puits sans fond de talents dans les courses de demi et de fond, mais il est passé par des moments difficiles de gestion et il a eu des dirigeants suspendus de la Fédération internationale et de leur Fédération nationale pour corruption. Le Kenya est un pays très affecté après les problèmes de doping.  C’est un pays qui est sous surveillance très active (comme 4 autres) de la part de la Fédération internationale. Contrairement à ce que les gens croient, ils ont d’excellents techniciens et beaucoup de centres d’entraînements appartenant à des managers étrangers et des anciens champions kenyans qui ont investi dans la gestion de la performance. Depuis quelques années, nous constatons que le Kenya est présent dans les concours et les courses de haies à un très haut niveau. Bientôt, va s’ouvrir chez eux un centre de formation de l’épreuve du javelot qui sera dirigé par Julios Yego champion du monde de javelot 2015, et vice-champion olympique à Rio en 2016. 

Revenons chez nous. Avec six athlètes sur les pistes, l’Algérie a encore une fois déçu. Qu’en pensez-vous ?
 Si nous comparons avec les autres années, c’est une participation correcte, car depuis 2003, nous n’avons eu aucune médaille après celle en or de Djâbir à Paris. Cette fois, avec la médaille d’argent  de Makhloufi et une place de demi-finaliste de notre coureur Hathat au 800 m, et surtout la place de finaliste de Lahoulou dans une épreuve du 400 haies, où il y a une grande densité  de coureurs de très haut niveau, ce dernier a réalisé une excellente performance  en battant le record d’Algérie. J’ai discuté avec Lahoulou après la course et il est très motivé. Il a pris conscience de ses capacités pour la suite et surtout il sait comment se préparer pour atteindre au moins le Top 5 mondial et pourquoi pas décrocher une médaille aux JO de 2020. L’Algérie a l’habitude dans les grands championnats d’avoir plus de participants, je pense que 12 qualifiés pour les prochains jeux Olympiques serait un bon quota. Il y a des pays  qui n’ont pratiquement pas d’athlétisme dans leurs pays, mais ils arrivent à avoir des médailles, comme les petits pays des Caraïbes qui envoient chaque talent au grand potentiel dans des universités américaines ou bien au Qatar ou Bahreïn, qui font des plans de gestion de la prise en charge de leurs athlètes avec de gros moyens et des entraîneurs de hauts niveaux. L’athlétisme algérien a démontré qu’il est le sport le plus performant en Algérie, mais pas dans toutes les épreuves. Nous avons pu avoir 10 médailles depuis 1992 aux Championnats du monde dont 5 titres. Depuis 1992, 9 médailles aux jeux Olympiques dont 4 titres, pratiquement tous aux 1 500 m, à part les 3 médailles de Guerni aux 800 m, Saidi aux 5 000 m et Brahmi  aux 3 000 m steeple. La seule médaille en dehors du demi-fond est celle de Hamad en JO de 2000 au saut en hauteur, donc ce n’est plus la peine d’investir partout, mais uniquement là où nous pouvons avoir des résultats probants et s’il y a un athlète qui sort du lot dans les autres épreuves, il faut le prendre correctement en charge. 
Il faut dire que la durée de vie des athlètes en compétition est très courte. Nous constatons un athlète et avant son mûrissement, il disparaît, à l’image du décathlonien Larbi Bourada, le sauteur Yasser Mohamed-Tahar Triki et le hurdler Abdelmalik Lahoulou, pour ne citer que ceux-là.  Ce dernier s’étant quand même qualifié pour la finale à Doha. Votre analyse là-dessus…
 En ce qui concerne Lahoulou, j’ai déjà donné mon avis. Arriver en finale dans un championnat du monde, c’est très important et il se retrouve parmi les 8 meilleurs mondiaux. Généralement, pour être parmi les finalistes dès sa première participation ou avoir une médaille, il faut avoir un très grand talent et avoir une préparation parfaite. Depuis1991, en dehors des médaillés algériens que sont Boulmerka, Benida, Morcelli, Makhloufi, Guerni, Saïd Sief, Brahmi et Hammad, nous n’avons eu que quelques athlètes ayant pu arriver en finale, c’est-à-dire parmi les 8 meilleurs dans des championnats du monde. Aux Jeux olympiques, nous avons eu Azzizi,  Rahouli, Bouraada, Abdenouz, Zergeulaine, Boukenza, Sakhri Azzedine, Madi, Mancer et enfin Lahoulou. Et si nous ajoutons d’autres compétitions de très haut niveau, il faut noter la médaille de bronze de Belefâa, en saut en hauteur, dans une compétion mondiale en salle avant l’instauration des championnats du monde en salle. Il faut aussi ajouter Sakhri Sid-Ali, 6e à la Coupe du monde de marathon, compétition qui a disparu du calendrier de l’IAAF, et Zahra Bouras dans une coupe du monde d’athlétisme qui s’appelle maintenant coupe des confédérations. Pour Triki, je pense que c’est un athlète encore jeune qui a fait sa première expérience d’un championnat du monde. Il a eu une expérience aux USA et il est entraîné par un entraîneur qui a fait des études et qui a été un athlète de performance avec des compétences certaines. Je pense que l’entraîneur et l’athlète doivent être intégrés dans un groupe de haut niveau et nous gagnerons un entraîneur pour la formation d’autres athlètes et un athlète performant à un niveau très élevé. Quand j’ai commencé ma carrière d’entraîneur, je me suis fait aider par des entraîneurs algériens, russes,  allemands et cubains et de leurs contacts, j’ai énormément appris. Le cas de Bourrada est simple. Il a voulu  changer d’entraîneur alors qu’il était proche de la fin de sa carrière. Bourrada a fait un parcours exceptionnel dans une discipline hyper exigeante et, statistiquement, il n’y a presque que les pays très développés en athlétisme qui placent des athlètes parmi les finalistes et Bourrada a été deux fois 5e. Il a l’expérience nécessaire pour se qualifier aux prochains JO et figurer parmi les 5 premiers ou mieux.    

Makhloufi a encore sauvé la mise, il a  été l’arbre qui cache la forêt. Ne pouvait-il pas s’aligner sur le 800 m, ou  à un degré moindre le 5 000 m, ou ne s’est-il pas encore remis totalement de ses blessures ?
 Si vous dites l’arbre qui cache la forêt pour tout le sport algérien, je serais d’accord avec vous, mais si le vous le dites rien que pour l’athlétisme, je ne suis pas d’accord. Il faut se pencher sur les moyens octroyés à l’athlétisme algérien pour avoir une véritable idée. Pour qu’il puisse rivaliser avec les autres nations, jetons un œil aux budgets. Il faut savoir ce que les autres nations investissent dans les sports. Pour ne pas rentrer dans les détails et une simple comparaison, le budget de la Fédération marocaine d’athlétisme ou celui de la Fédération saoudienne dépassent celui octroyé à toutes nos fédérations, tous sports confondus, par l’Etat algérien. Durant ces championnats, le Maroc a eu une médaille  de bronze sans aucun finaliste et l’Arabie Saoudite est partie aux championnats du monde avec 3  participants, éliminés tous au premier tour, et j’en passe. Un bilan et un diagnostic sérieux doivent être faits pour le sport algérien où il n’existe aucune stratégie, aucune volonté politique. En athlétisme, nous avons autour de 90 pistes d’athlétisme dont peut-être 10 où se pratique véritablement notre discipline. La politique générale du sport est bricolée par les directeurs de wilaya qui ne s’intéressent qu’à un seul sport au pouvoir politique puissant, le football. Les DJS sont sans idées directrices claires de la centrale pour la détermination des priorités, les clubs sont complètement démunis ainsi que les ligues. Les entraîneurs ont des indemnités de misère. La Fédération d’athlétisme a au plus 100 millions de dinars/an, moins de 2 mois de salaires du club de football du MCA, avec des dépenses pour d’innombrables championnats internationaux et toutes les dépenses que cela génère. La Fédération algérienne d’athlétisme, la plus titrée du sport national, n’a même pas de siège. Et Dieu sait le nombre impressionnant de rapports, d’interviews, de sollicitations que les dirigeants de notre discipline ont réalisé auprès des plus hautes autorités du pays. Rien n’a bougé, malheureusement. Quant à Makhloufi, il a été très intelligent dans la gestion de sa carrière. Quand un pays a beaucoup de champions, chacun d’eux peut affronter une compétition de très haut niveau, mais quand un pays comme le nôtre, qui a 3 ou 4  athlètes pouvant espérer des médailles ou être finalistes, il vaut mieux faire après chaque jeux Olympiques une année sans objectifs, une jachère, sinon ils ne tiendront pas longtemps. Toufik a été malade en 2013 après sa médaille d’or des JO de 2012. Il a donc raté l’année, et il est revenu plus fort au JO 2016, où il a eu deux médailles alors que beaucoup ont cru qu’il ne reviendrait jamais. Il n’y avait que le DTN de l’époque M. Boubrit et moi-même qui étions très sûrs de son retour. Même les deux ministres de l’époque ne croyaient pas en son retour, ainsi que le président du comité olympique, et c’est pour cette raison qu’il a fait les déclarations négatives sur sa prise en charge après les jeux. Il n’a pas couru près de 3 ans et il arrive à être vice-champion du monde. Je pense que c’e n’est pas seulement une grande performance mais plutôt un immense exploit. Il a fait une course très intelligente et il avait dans sa tête la 4e place de Pékin, où juste après la course, il m’avait affirmé « cheikh masbourtech », cela veut dire qu’il a attaqué trop tôt mais avec plus d’expérience. Cette fois-ci, il a attendu et il a eu sa médaille. Les Kenyans ont fait une course parfaite en sacrifiant un athlète pour avoir une course très rapide. Pour les prochains jeux Olympiques, il va viser la médaille d’or et, je pense, le connaissant et connaissant son mental, il est capable de la conquérir.

  On constate qu’à chaque compétition internationale, des scandales éclatent à la FAA ou au comité olympique. Cette fois, c’est carrément la guerre entre le ministre de la Jeunesse et des Sports et Berraf et Brahmia. Votre avis, sachant que de tels comportements ne servent aucunement notre athlétisme…
 Vous savez, c’est pour tous ces comportements abjects que j’ai quitté le sport, en 2016, suite aux polémiques après les jeux Olympiques. J’étais 1er vice-président du Comité olympique algérien (COA) et je me retrouve juste avant les jeux sans accréditation, alors que des gens complètement en dehors du COA en avaient un. Je retrouve aussi au départ des familles complètes pour le voyage alors qu’il a y a eu discussions durant les réunions de l’exécutif du COA pour louer un avion, mais jamais pour emmener des membres en dehors des fédérations, du COA et du ministère. Il y a avait beaucoup de hautes personnalités de l’Etat passé et présent, entre sénateurs, députés et ministres, et leurs familles. Je vous épargne les noms, qui sont d’ailleurs connus de tous les responsables du sport. Des cadres de la fédération, et après l’annonce des personnalités qui devaient partir à Rio, ont refusé d’être complices et n’ont tout simplement pas fait partie du voyage. Je pense personnellement que la maladie de Berraf avant les jeux a été un élément très négatif et très perturbateur pour une préparation sérieuse des JO. Il a fait confiance à Brahmia qui a fait ce qu’il a voulu, sans contrôle, en étant le président de la commission de la préparation olympique. Pour ce qui est des conflits qui se répètent, je dirais que Berraf a toujours voulu contrôler le ministère à travers le COA et Brahmia la fédération. Il y a eu des résistances, puis, fatalement, la pagaille s’est installée. Et d’ailleurs, Berraf n’a son oreille tendue qu’en direction de Brahmia, alors que durant 2012-2016 il y avait dans l’exécutif 3 médaillés olympiques, Boulmerka, Nouria et Hamad, et moi-même en tant qu’entraîneur ayant eu 5 médailles au niveau mondial et président de la fédération d’athlétisme. Le COA ne m’intéressait pas, j’étais en conflit avec Berraf depuis 2008, mais il m’a sollicité pour que je me présente aux élections de la Fédération de l’athlétisme et au COA. J’ai pensé que ça allait peut-être fonctionner et j’avais posé comme condition une aide conséquente pour les équipes nationales. Résultats des courses, rien de toutes les promesses qu’on m’a faites et j’ai été déçu par le comportement de Berraf au plus haut point. J’ai été naïf car je croyais en la parole de l’homme. Berraf est un homme du système et il sait s’adapter ; il a fait plus de politique que gérer un comité olympique. Demandez la liste des récipiendaires de l’ordre du mérite olympique algérien et vous allez avoir une idée… et aussi n’oublions pas qu’il a appelé officiellement à l’octroi du prix Nobel de la paix à l’ancien Président de la République et a toujours soutenu avec zèle les différents mandats de Bouteflika. J’espère qu’avec ce qui se passe en Algérie, les choses vont changer en sport, pour son développement et la gestion de la performance.  

Les jeux Olympiques de Tokyo approchent. Peut-on espérer un retour de performance des athlètes algériens autre que Makhloufi sur les épaules duquel pèsent depuis des années les espoirs de tout un pays ?
 Tous ces conflits sont stériles de toute manière. Pour les jeux Olympiques, c’est déjà trop tard, sinon pour bricoler. Pour vous donner un simple exemple, dans le cadre de mon doctorat en 2003, j’ai demandé à participer à une réunion de la commission de haut niveau à Cuba. J’ai pu être présent durant une heure. Au départ, j’ai cru qu’ils allaient parler de 2004, puis comme ce n’était pas le cas, j’ai pensé que c’était pour 2008. Et bien non ! C’était pour 2012 et les sports qui allaient y être introduits pour commencer à préparer une stratégie pour la formation des équipes nationales pour ces sports. Chez nous, nous  commencerons à discuter des Jeux au mois d’avril prochain. C’est vous dire le décalage entre une bonne préparation des années à l’avance et le bricolage de dernière minute. Pour Tokyo, en dehors de 8 ou 9 athlètes, je ne vois pas d’autres qui pourront se qualifier pour les prochains jeux, c’est-à-dire ceux qui ont participé à ces Championnats du monde avec en plus de Bourrada et Cherabi s’il pourra sauter 5.70 et un autre athlète du 3 000 steeple. Et si nous décrochons deux places de finalistes et une médaille nous aurons fait d’excellents jeux Olympiques.n