Les Championnats d’Afrique seniors d’escrime dans les trois armes (fleuret, sabre et épée) ont débuté, hier, à Tunis en présence, entre autres, de 20 tireurs algériens (11 garçons et 9 filles). Nos escrimeurs tenteront de récolter le maximum de médailles, selon les prévisions de la Fédération algérienne d’escrime. Ces joutes africaines s’étaleront jusqu’au 9 du mois en cours au Complexe sportif d’El-Menzah à Tunis (Tunisie).

Il est vrai qu’il faut avoir de l’ambition pour progresser, c’est pourquoi les responsables de la discipline en Algérie espèrent bien que nos athlètes réussissent dans les trois spécialités (fleuret, sabre et épée). Ils souhaitent que nos athlètes puissent monter sur les plus hautes marches de la discipline mais, il faut noter que les moyens humains, matériels et pédagogiques nécessaires dans cette quête ne suivent pas et manquent cruellement.
Le manque d’expérience pour nos jeunes athlètes pourrait bien jouer contre eux, mais paradoxalement, une autre expérience de plus, après celle du dernier Mondial en février dernier, leur permettra, au moins de progresser.
Car seules les compétitions forgent les athlètes, et ce, quelle que soit la discipline. Ainsi, à Tunis et lors de ces championnats d’Afrique, nos escrimeuses et escrimeurs compteront sur leur volonté, leur détermination et leur fibre patriotique, comme armes pour poursuivre leur ascension car cela leur permettrait de se transcender malgré la situation défavorable. De plus, on constate bien que les sélections algériennes sont majoritairement composées de cadets et de juniors, aussi bien en sabre, en fleuret qu’à l’épée.

« Récolter un max de médailles »

Ce qui n’a pas empêché le président de la Fédération algérienne de la discipline (FAE), Raouf Bernaoui de déclarer que «notre objectif est de monter sur le podium et de décrocher le maximum de médailles dans les trois armes et chez les deux sexes. En fleuret masculin notamment, nous avons une équipe qui compte dans ses rangs Salim Heroui, champion d’Afrique et Hamid Sintés qui a honoré l’Algérie lors des jeux Olympiques 2016. J’estime que cette équipe pourra remporter le sacre africain», a déclaré le patron de la FAE. Très optimiste, le président Bernaoui n’a pas du tout hésité en insistant que « notre objectif est de récolter un maximum de médailles » d’autant que nos sélections cadets et juniors avaient décroché la deuxième place aux derniers Championnats d’Afrique de ces catégories disputés fin 2017 à Lagos, au Nigeria. Ce qui est encourageant. Ainsi en fleuret masculin, l’Algérie sera représentée par le trio Hamid Sintès, Romain Djitli et Salim Heroui, au moment où Yanis Mabed fera office de réserviste. Dans l’épreuve de l’épée notre pays sera représenté par Hicham Maxime, Djibril Moussa et Chérif Kerkaria ainsi que leur équipier Menouar Merki comme réserviste.
En sabre masculin, l’Algérie sera représentée par Akram Bounabi, Hamza Kasdi et Mairi Anis, alors que chez les filles, ce sont Abik Bounegab, Benaouda Chaïma et Amira Lahfaïa qui seront engagées dans ce type d’arme.
Au fleuret féminin, l’Algérie sera représentée par Meriem Mebarki, Zeboudj Sonia et Inès Fellah, au moment où leurs compatriotes Zeboudj Yousra, Gueham Meroua et Aggoune Hanane concourront à l’épée. Les internationaux algériens seront encadrés par quatre entraîneurs, à savoir le Français Renaud Viard (fleuret masculin), le Malien
Mamadou Keïta (sabre masculin – féminin) et les Algériens Zakaria Taïr et Farid Benour, respectivement au fleuret féminin et à l’épée (garçons/filles).

Manque criant de moyens pour nos escrimeurs

Seulement, il faut reconnaître que nos escrimeuses et escrimeurs n’ont vraiment pas tous les moyens nécessaires pour réaliser des performances remarquables. Et il faut juste qu’ils s’appliquent à faire de leur mieux pour progresser, profitant de ces compétitions internationales pour acquérir cette expérience voulue pour s’imposer dans le haut niveau. Faut-il rappeler que la Fédération algérienne d’escrime a repris vie en 2011, après trois ans de suspension par la Fédération internationale de la discipline (FIE) ?
De plus, on constate bien que la discipline soufre en Algérie de ce perpétuel manque de moyens et d’infrastructures, exception faite pour les étapes de Coupe du monde organisées annuellement par l’Algérie, notamment en fleuret féminin seniors et en sabre féminin juniors, pour lesquelles de gros moyens sont mobilisés.
«Le manque est général, on souffre de l’absence de salles d’entraînement et de centres d’hébergement, sans parler des moyens de récupération qui sont quasiment inexistants», s’est plaint, il y a quelques mois le président de la Fédération algérienne d’escrime (FAE), Raouf-Raouf Bernaoui.
Pour étayer ses dires, il évoque le volume de préparation idéal pour un escrimeur qui est de six à huit heures par jour alors que les athlètes algériens travaillent «beaucoup moins» à cause du manque de moyens.

Le besoin de « s’aguerrir et acquérir l’expérience »

Quant au directeur technique national (DTN) Lotfi Dali a mis l’accent sur la nécessité de se frotter au haut niveau pour aider les jeunes escrimeurs algériens à progresser.
«Nos athlètes travaillent de manière assidue au niveau de la salle fédérale, mais ils ont besoin de croiser le fer avec des adversaires étrangers pour s’aguerrir et acquérir cette expérience si nécessaire à leur performance future au plus haut niveau. Or, l’Algérie ne participe que rarement aux rendez-vous internationaux, ce qui représente une autre pierre d’achoppement sur la voie de sa progression», a regretté le DTN.
Versant dans ce même ordre d’idée, Bernaoui juge qu’il est « important » que les équipes nationales se préparent à l’étranger en participant à des compétitions internationales pour réaliser des résultats probants : « Si nous voulons obtenir des résultats sur la scène internationale, il faut qu’on soit à la hauteur des autres pays et qu’on se prépare de la même manière ».
A noter enfin qu’en attendant les résultats de nos escrimeuses et escrimeurs dans ces championnats d’Afrique de la discipline, il est utile de préciser que concernant les Jeux méditerranéens-2018, prévus à Tarragone (Espagne) à partir du 22 juin. L’Algérie y participera avec un seul nom dans la spécialité épée.
Il s’agit d’Hichem Maxime Cade (24 ans) qui vient de terminer ses études supérieures aux Etats-Unis. «Les Jeux méditerranéens ne sont pas une priorité pour nous cette fois-ci à cause du manque de moyens», a même bien justifié Bernaoui. Et ceci explique donc cela…