Le football italien est dans le chaos. Alors que plusieurs régions ont été placées en quarantaine en raison du coronavirus, plusieurs voix s’élèvent pour la suspension immédiate du championnat, dont celle notamment du Ministre des sports. Initialement programmé à 12h30 dimanche dernier, le match entre Parme et la Spal a alors été décalé dans ce sens. Finalement, le coup d’envoi a été donné à 13h45. L’Italie continue de faire face au coronavirus. Et un nouveau stade a été franchi ce week-end. Dimanche, vers 2h30 du matin, Giuseppe Conte, le Premier Ministre italien, a annoncé que plusieurs régions, dont la Lombardie, étaient placées «en quarantaine». Ce décret limite ainsi les déplacements dans toutes les zones concernées. Les cinémas, théâtres et musées ont quant à eux été fermés dans tout le pays.

«Stop football»
Face à cette épidémie toujours plus grandissante, le monde du sport italien prend également des mesures drastiques. Dimanche, la Ligue de basket a par exemple décidé de reporter l’ensemble des matches de première division. Concernant la Serie A, elle se déroulera à huis clos pendant plusieurs semaines. Le sommet entre Juve-Inter a été joué sans public dimanche. Mais après les dernières mesures prises par le gouvernement du pays, plusieurs voix s’élèvent pour suspendre purement le championnat. «Arrêtons le championnat ! Que faut-il de plus ? Stop football !», a notamment écrit Damiano Tommasi, le président du syndicat des joueurs, samedi soir. Dimanche matin, ce dernier a ajouté qu’il avait rédigé une lettre aux instances dans ce sens.
Parme-Spal, le coup d’envoi et le chaos
De son côté, Mario Balotelli a fait de même. «J’aime le football plus que vous, mais jouer, ça veut dire voyager en bus, en train, en avion, dormir
à l’hôtel (…) Je mange tous les jours avec ma mère, j’aimerais qu’elle n’attrape rien. Pour quoi ? Pour divertir quelqu’un ? Ou pour ne pas faire perdre de l’argent ? Reprenez-vous (….)
On ne plaisante pas avec la santé», a ainsi écrit l’attaquant de Brescia sur Instagram. Malgré ces prises de position, les matches prévus dimanche – ceux de la 26e journée et reportés à ce week-end – se sont déroulés. C’est donc Parme-Spal, prévu à 12h30, qui devait ouvrir le bal. Mais à quelques minutes du coup d’envoi, l’arbitre de la rencontre a alors reçu un appel de ses dirigeants, lui demandant de le reporter. La raison est simple : Vincenzo Spadafora, le ministre des Sports du pays, avait demandé, sur les coups de midi, la suspension du championnat. «Alors que nous demandons aux citoyens de faire d’énormes sacrifices pour empêcher la propagation de la contagion, cela n’a pas de sens de mettre en péril la santé des joueurs, des arbitres, des membres de l’encadrement et des supporters, qui se rassembleront sûrement pour regarder les matches, a-t-il écrit sur sa page Facebook. Je partage les déclarations de Damiano Tommasi, le président du syndicat des footballeurs italiens, et je me joins à sa requête» Un incroyable imbroglio a alors commencé : les joueurs de la Parme et la Spal, prêts à entrer sur la pelouse, ont fait marche arrière, dans l’attente d’une décision de la FIGC (Fédération italienne de football). Arbitres et joueurs ont alors patiemment attendu dans les vestiaires. Après plusieurs minutes, le coup d’envoi, initialement décalé à 13h, a été reprogrammé à 13h45. Pour l’instant, le football italien a décidé de ne pas s’arrêter. Mais jusqu’à quand ? La FIGC a décidé de convoquer un Conseil Fédéral d’urgence, aujourd’hui, pour répondre. Le syndicat des joueurs, lui, menace une grève si sa requête de suspension n’est pas entendue. n