On dit que «gouverner, c’est prévoir». Mais sur cet aspect, les dirigeants algériens semblent très en retard. Sinon, comment expliquer ce qui s’est passé récemment avec la Fédération algérienne de Judo (FAJ) qui n’a pas su organiser le déplacement des 18 athlètes qualifiés pour les Championnat d’Afrique de la discipline à Madagascar du 17 au 20 décembre à venir? En effet, seuls 6 judokas (3 hommes et 3 femmes) se rendront à ce rendez-vous. Parce que l’instance a vu les billets d’avion flamber, elle se retrouve incapable de s’en procurer pour les 12 autres. Scandaleux pour la sélection championne d’Afrique en titre !

C’est un épisode dont on se serait bien passé. Notamment à l’approche des Jeux Olympiques 2021 prévus l’été prochain (23 juillet au 08 août) et parce que le rendez-vous continental que les judokas algériens vont rater est important pour espérer une qualification aux Olympiades. La date africaine devait permettre d’engranger des points dans le classement mondial avec 700 unités pour les champions d’Afrique.
«Ce rendez-vous est crucialement important aux athlètes du continent, puisqu’il leur permettra d’engranger beaucoup de points supplémentaires au classement de qualification olympique à Tokyo et améliorer leurs positions, en attendant d’autres participations aux tournois internationaux et ceux des Grands Slam» a rappelé Mohamed Meridja, premier vice-président de l’Union africaine de judo (UAJ) et responsable des compétitions.

Les billets auraient dû être pris à l’avance
Par ailleurs, en se rendant à Antananarivo avec une délégation extrêmement réduite, les dirigeants de la FAJ auront tout simplement bradé la couronne africaine décrochée lors de la dernière édition de l’épreuve continentale qu’avait abritée Cap Town (Afrique du Sud). Pour rappel, nos représentants avaient terminé premiers au classement des récompenses avec 13 médailles (4 or, 4 argent, 5 bronze) reléguant la Tunisie et l’Egypte sur les deux autres marches du podium.
On est loin de ce coup d’éclat qui ne sera certainement pas réédité sachant que 12 éléments ne se rendront pas en terres malgaches pour des raisons de mauvaise gouvernance imputée à la situation financière. Il faut souligner que les décideurs à la FAJ ont mis beaucoup trop de temps pour préparer ce déplacement ô combien décisif pour les sportifs qui veulent augmenter les chances de prendre part aux Olympiades nipponnes. Le prix des places dans un avion sont passés de 250.000 à 400.000 dinars. Soit une augmentation de 75% que la FAJ n’a pas pu anticiper.

La confiance des athlètes trahie
A partir de là, l’instance fédérale et son bureau devaient dépenser 1.800.000 DA (180 millions de centimes) de plus en frais de voyage. Un différentiel jugé exorbitant pour la FAJ qui a, tout simplement, décidé de priver des judokas, qui se sont préparés pendant longtemps (regroupement loin de la famille, régime, entraînements…) au Centre de Souidania, afin de défendre leurs chances devant leurs homologues africains.
Pourtant, le Directeur technique national (DTN), Salim Boutebcha, avait récemment laissé croire, il y a une semaine, que «si tout va bien, on prendra part aux Championnats d’Afrique de Madagascar avec une équipe complète dans les deux sexes. Nos équipes nationales sont en stage et toutes les démarches ont été faites. Notre départ est programmé pour le 12 décembre et le retour le 21 du même mois.» Le «toutes les démarches ont été faites» était- manifestement- en trop.