Un raid grandiose  sur les dunes et mauvaise météo

Une mer de sable et une autre qui ont été raccourcies suite aux conditions métrologiques. Tels est le résumé le plus simple des 5e et 6e étapes du rallye challenge Sahari.

Pour l’épreuve numéro « 5 » du rallye challenge Sahari, pas moins de 25 motos, 19 tout-terrains ainsi que 2 camions ont pris le départ. Pour cette étape, ils ont eu à parcourir 300 km dont 133 km de spécial. Le parcours était pour la troisième fois en boucle entre Taghit et Beni Abbès. Durant cette étape, les coureurs ont eu, encore une fois, un spectacle extraordinaire sur les 133 km de spécial, dont 82 km uniquement dans les dunes. En effet, ils ont été confrontés aux dunes du Grand Erg occidental. L’épreuve qui a été baptisée « l’eau d’El Gherba » s’est déroulée lundi dernier. Cette étape a commencé par une courte étape de liaison, avant de débuter la spéciale. En effet, au début, les pistes étaient assez roulantes, mais peu à peu, le sable a pris le dessus parfois mêlé à quelques roches éparses. Ainsi, les voitures, motos, quads et camions ont surfé sur les dunes. Les navigateurs ont été mis à rude épreuve pour la traversée de cette mer de sable, avant de finir sur de belles pistes roulantes jusqu’à l’arrivée.

« Tankés », égarés et un Français qui domine

Passons sur les inévitables « tankages », qui arrivent même aux meilleurs. Ils furent nombreux mais l’esprit « rallye » les a rendus indolores. Il y avait toujours un équipage pour aider, pelleter, sangler et sortir du sable un autre concurrent. Et lorsque l’entraide ne suffisait pas, il ne restait plus que l’appel à l’assistance mécanique. Selon les organisateurs, « cette étape s’est déroulée dans de très bonnes conditions d’organisation ». Mais, il y a eu quelques « en sablages » et des égarés. Il faut dire que ces derniers n’ont pas suivi à la règle les consignes de sécurité et ont eu des difficultés à rejoindre l’arrivée. Malgré cela, « il faut savoir que dans ce genre de compétition, il y a souvent des égarés et cela même dans les rallyes internationaux avec des équipements ultra sophistiqués », selon les organisateurs de la Fasm. Côté résultat, la première place a été raflée, selon les premiers résultats par le Français Thierry Bunel en catégorie « auto ». Un pilote qui est en ce moment sur la première place du podium. Cela notamment après que son concurrent direct Fodil Allahoum, a été contraint de quitter la course suite à son accident survenu dimanche dernier, lors de la quatrième étape qui a causé d’énormes dégâts à son véhicule tout-terrain.

Une 6e étape raccourcie

Le tracé de la sixième étape a été raccourci de plus de 100 km suite aux mauvaises conditions météo. Et même le départ a été reporté de deux heures pour les pilotes. Ainsi, les concurrents de la compétition qui devaient parcourir 209 km, dont 202 chronométrés, à l’occasion de cette étape, n’ont parcouru que 109 km. La direction de la course a longuement cogité mais la prudence a été choisie et la boucle dans les dunes a été écourtée. Abdou Seghouani, le chargé de communication de cet évènement, a expliqué que « même l’hélicoptère qui assure la couverture sécuritaire et sanitaire du rallye a été cloué au sol », et pour cause, « la pluie et les vents que connaissent la région de Béchar ». Mais cela n’a pas empêché les participants de faire ce « road trip ». Malgré le fait qu’il ait été écourté, la spéciale de 109 km, qui n’était pas aussi différente de celle de la veille, a emmené les concurrents du rallye au cœur des plus beaux paysages et des plus belles dunes de l’erg de Béchar sous un ciel gris. Le départ a été reporté de deux heures. Au lieu de 7H30 heures, les pilotes toutes catégories confondues ont pris le départ à partir de 9 H30. Et durant cette étape, ils ont été confrontés au vent de sable…
La difficulté de la journée d’hier était la météo. En effet, le vent et même un peu de pluie se sont invités sur la passion. Mais les participants ont franchi les 100 bornes en hors-pistes. Ils ont même gravé les dunes, réputées comme les plus longues au monde. Cependant, les pilotes ont dû rester souples sur l’accélérateur et les copilotes ont eu besoin de toute leur vigilance pour les guider. Malheureusement, certains motards frigorifiés ont renoncé à la fin de l’étape par la piste et ils ont opté pour un direct par la route. Heureusement, l’après-midi fut salué par le retour d’un soleil radieux.
Par ailleurs, faute d’un « timing », les résultats n’ont pas été connus au moment où nous mettions sous presse.

Taghit-Tiout comme «seven stape»

« L’azalaï » en langue tamasheq est la caravane de dromadaires menée deux fois par an par les Arabes, qui pratiquent le transport et le commerce à travers le désert du Sahara. Et c’est le nom qui a été choisi pour l’étape d’aujourd’hui, qui mènera les participants vers la ville de Tiout à Naâma. Il faut dire que cette étape est une reprise de la « route des oasis » mais en sens inverse. Il y aura pas moins de 419,25 km entre bitume et piste. Par ailleurs, côté impression, les pilotes étrangers et mêmes nos compatriotes étaient « scotchés » par le tableau naturel de la région de Taghit et Béni Abbès et ce malgré quelques « fausses notes » notamment en matière urbanistique, ces derniers n’ont pas lésiné sur les adjectifs pour décrire les lieux. Déjà, la journaliste italienne et membre de l’organisation Paola Picone dont la réputation dans le domaine est établie, puisqu’elle a participé de nombreuses fois au rallye des pharaons et au Rallye Paris-Dakar, a tenu à indiquer que cette étape du Challenge Sahari International a été formidable. Affichant son optimisme et un certain enthousiasme, elle dira que « le parcours est magnifique, pour preuve on a organisé 4 boucles dans cette région ». Les concurrents qui ont pris part à ces étapes se sont dits très contents de ce parcours, avec un terrain merveilleux et favorable, des dunes magnifiques, sur un sable doré où l’on ne risque pas de se faire mal.