C’est aujourd’hui que notre confrère Khaled Drareni sera jugé en appel après sa condamnation, le 10 août dernier, à une peine d’emprisonnement ferme de trois années. Dans l’attente du nouveau verdict, la famille du journaliste retient son souffle et espère qu’il retrouvera bientôt sa liberté après plus de quatre mois d’incarcération. Si ses parents se sont abstenus de toute déclaration, son frère, Chakib Drareni, qui séjourne actuellement aux Etats-Unis, a accepté de nous parler.
« Nous passons par des moments très difficiles, mes parents et moi-même qui ne suis pas en Algérie. Nous sommes dans la crainte perpétuelle et très déçus que l’Algérie, un pays que Khaled aime plus que tout au monde, puisse traiter un de ses fils de cette manière », a-t-il déclaré à Reporters. « C’est injuste ce qui arrive à Khaled et nous souffrons de son incarcération. Vous me demandez si nous sommes en contact avec Khaled, je vais vous étonner en vous disant que depuis l’arrestation injustifiée de mon frère, hormis ses avocats, nous n’avons jamais eu le droit d’aller lui rendre visite. Khaled nous a contacté à deux reprises, mais les deux communications étaient absolument très courtes», affirme Chakib Drareni
En ce qui concerne les actions de soutien et de sympathie en direction du journaliste en prison, son frère déclare que « la famille Drareni est reconnaissante. Nous recevons quotidiennement des centaines de messages de soutien d’Algérie et de l’étranger, d’un peu partout dans le monde. Je tiens à souligner que ces gestes de solidarité et de soutien nous réchauffent le cœur et nous encouragent à aller de l’avant dans le combat pour l’honneur et la dignité de mon frère».
Sur les sit-in qu’il a organisés devant le consulat d’Algérie à New York, le 15 août, pour alerter l’opinion internationale et dénoncer « l’incarcération injuste » de son frère, Chakib Drareni a indiqué qu’il ne pouvait « pas rester les bras croisés » alors que son frère est «privé de sa liberté et éloigné de son métier de journaliste ». « Nous avons organisé ce rassemblement avec l’accord de la police américaine, la NYPD, afin de dénoncer, crier haut et fort l’injustice que subit mon frère de la part des autorités algériennes, et pour dire que nous ne nous tairons pas jusqu’il se retrouve sa liberté ».
Chakib Drareni a souligné qu’il est en contact avec plusieurs ONG entre autres, Mena Right Group, l’Organisation des Nations unies (ONU) et d’autres pour « maintenir l’alerte ». « Ces organisations s’intéressent au cas de mon frère, elles sont en train de procéder aux démarches nécessaires pour le faire sortir de prison en intervenant auprès des autorités algériennes ».
Sur la campagne calomnieuse qui a ciblé Khaled Drareni, via Facebook notamment, son frère Chakib soutient que sa famille n’accorde aucune importance à ces « palabres mensongères ». « Nous ne prêtons aucune attention aux fausses accusations portées par ces personnages. Khaled est connu à travers le monde pour son dévouement, sa foi en son métier, sa lutte pour la liberté d’expression et de la presse, son honnêteté, sa bravoure et sa gentillesse ». « Ce qui nous préoccupe, c’est que mon frère sorte de prison et retrouve les siens », a-t-il déclaré.