L’Autorité de régulation de l’audiovisuel (Arav) fait dans l’anticipation. Elle appelle les responsables de chaînes de télévision privées à être rigoureux dans le choix des programmes qui seront diffusés durant le prochain mois de Ramadhan.
Si cette autorité s’est contentée jusque-là de brandir plusieurs avertissements chaque fois qu’il y a eu dérive dans certains programmes, elle semble procéder autrement en invitant les patrons de chaîne de télévision à faire preuve de responsabilité dans la confection des programmes à diffuser durant le mois de Ramadhan prochain, promettant de prendre «des mesures en vue d’imposer le respect des normes relatives à la diffusion et au timing adéquat».
S’appuyant sur ses précédentes observations, l’Arav a rappelé aux responsables des médias audiovisuels l’impératif de «faire preuve de responsabilité dans la sélection rigoureuse des œuvres artistiques et de fiction à diffuser durant le mois béni pour l’intérêt aussi bien de la création que de la société».
L’Autorité présidée par Mohamed Louber a mis l’accent sur «la nécessité d’adopter une démarche sérieuse et profonde pour les phénomènes sociaux dans les différentes productions créatives, telles que les séries télévisées, les sitcoms, les caméras cachées et autres programmes afin d’éviter les provocations et les dérives souvent constatées ces dernières années».
Réaffirmant la nécessité de «sélectionner les œuvres artistiques proches des normes de la qualité de celles créatives», l’Arav a assuré qu’elle prendra «toutes les mesures que la loi lui confère en vue d’imposer le respect des normes relatives à la diffusion et au timing adéquat, aussi bien pour les œuvres dramatiques et humoristiques que les contenus publicitaires».
L’Arav fera remarquer, dans ce sens, que «selon les observations des critiques et spécialistes, nombreuses sont les œuvres artistiques diffusées durant le mois de Ramadhan dernier, ayant fait appel à des amateurs sans expérience dans le domaine, en quête d’argent uniquement, ce qui leur a fait perdre leur valeur et plonger dans le superficiel et la bassesse». Dans le détail, l’Arav a exprimé son rejet «catégorique» des séquences dites de la caméra cachée qui recourt, sous couvert de divertissement, «à la violence, à la terreur et à l’atteinte à la dignité humaine», soulignant qu’elle n’accepte pas non plus «les programmes religieux qui traitent des questions conflictuelles et sensibles, loin du référent religieux national».
Raison pour le gendarme de l’audiovisuel d’exhorter les chaînes télévisées «à l’obligation de respecter les règles déontologiques de la publicité, à ne pas confondre entre le contenu médiatique et celui commercial et à ne pas dépasser le délai réservé à la diffusion des spots publicitaires au détriment du téléspectateur».