Chadia Loueslati, Franco-tunisienne, est illustratrice jeunesse, scénariste BD et designer textile. Elle est l’auteure de plusieurs albums graphiques dont « Famille nombreuse » (Prix SGDL Dubreuil du Premier Roman 2017) et « Nos vacances au bled », deux romans graphiques originaux et passionnants sur le thème de la famille et de l’immigration. Chadia Loueslati est notre invitée de la semaine. Elle nous parle de son parcours d’illustratrice, ses influences et ses projets. Elle nous parle, également, de ses albums BD, son éducation et son appartenance à la double culture (française et arabe).

Propos recueillis par : Rouchdi BERRAHMA


Reporters : Bonjour Chadia Loueslati et bienvenue. Tout d’abord, qui est Chadia Loueslati ?
Chadia Loueslati : Bonjour, merci de me recevoir. Je suis une Franco-tunisienne, illustratrice jeunesse, scénariste-dessinatrice BD et designer textile. J’exerce mon métier depuis douze ans.

Comment êtes-vous devenue dessinatrice ?
J’ai commencé par l’écriture, à l’âge de 11 ans. Je m’inventais des histoires et l’envie de les illustrer est arrivée assez vite. Lorsque j’ai terminé le lycée et que j’ai dû faire le choix des grandes études, mes parents n’étaient pas d’accord pour que je fasse une école d’art. J’ai fait des études de droit et à l’obtention de ma licence, j’ai travaillé dans les assurances. Je me suis rendue compte que je n’étais pas à l’aise ni épanouie dans mon travail. J’ai donné ma démission et je me suis lancée dans l’auto-formation du dessin. J’ai repris l’écriture que j’avais laissée de côté pendant vingt ans et j’ai travaillé chez moi tout en élevant mes deux enfants. J’ai été publiée en jeunesse pour la première fois en 2010. Les publications se sont enchaînées et j’ai collaboré avec de grandes maisons d’éditions comme Nathan, Larousse, Hachette, Playbac, Milan, Fleurus… J’ai eu l’occasion de travailler avec l’international notamment avec l’Institut français de Rabat, de Madagascar et du Liban.

Quelles sont les raisons, ou les envies, qui vous ont amené à faire de la bande dessinée ?
J’ai toujours aimé le format qui mêle intelligemment le scénario et les illustrations, je suis une grande lectrice de BD, mais la principale raison est que je me suis rendue compte que dans la littérature jeunesse en France, certains sujets étaient très formatés. Je ne comprenais pas pourquoi elle reflétait si peu la diversité que l’on voit au quotidien dans les rues. Il m’est arrivée à plusieurs reprises de devoir modifier les traits d’un personnage, de réduire le tour de taille d’un autre, d’éclaircir certaines couleurs de peau, de devoir affiner des nez, ou tout simplement attacher des cheveux trop prédominants pour correspondre à ce qui était demandé ou à ce qui plairait, commercialement parlant. Je me sentais parfois comme une exécutante et non pas comme une illustratrice qui viendrait apporter son point de vue de manière créative. Et même si les choses changent, le processus me semble encore beaucoup trop long et complexe. Je voulais illustrer des histoires où je pourrais m’identifier, où les personnages me ressembleraient et seraient plus proches de la réalité que du fantasme.

Alors, tout naturellement, je me suis dirigée vers la bande dessinée. Je dessine les personnages tels que je les vois. J’aborde des sujets qui me tiennent à cœur et qui font partie de mon histoire. Je me sens plus libre de dessiner et d’illustrer ce que je souhaite.



Quelle est la technique que vous utilisez lors de la réalisation d’un dessin ?
Je travaille toujours ma recherche de personnages sur un carnet de croquis, à l’ancienne. Une fois tous mes croquis finis, je les retravaille en numérique sur ma tablette à dessin. Toutes mes BD sont faites en numérique.
Quelles sont vos plus grandes influences en matière de BD, mais aussi d’art visuel en général ? Pouvez-vous citer quelques exemples d’auteurs et de dessinateurs qui vous ont marqué ? Quels sont les artistes qui vous inspirent encore aujourd’hui ?
J’aime beaucoup le travail de Craig Thompson, notamment dans son roman graphique « Habibi », aussi bien dans le scénario que dans le dessin. Cette BD est une dentelle, elle a fortement influencé ma décision de faire de la BD. J’aime aussi le travail de Zeïna Abirached, scénariste et dessinatrice de BD, mais aussi Tahar Ben Jelloun (qui n’a rien à voir avec la BD) dont j’aimerai bien adapter un jour une nouvelle en BD.

Dans vos romans graphiques « Famille nombreuse » et « Nos vacances au bled » vous racontez l’histoire touchante de votre famille, une famille de maghrébins émigrés en France. Pourquoi avoir écrit cette saga familiale ?
J’ai décidé d’écrire « Famille nombreuse » et « Nos vacances au bled » lorsque j’ai perdu mes deux parents au début des années 2000. J’ai eu envie de leur rendre hommage pour tous les sacrifices qu’ils ont fait en ayant eu 11 enfants. Ils sont décédés tous les deux avant leurs 65 ans. Je voulais également raconter ce que ça impliquait d’être issu de l’immigration et d’une famille nombreuse, aussi bien du point de vue français que tunisien. C’est une tranche de vie, de notre histoire, pour ne pas oublier ce parcours de vie, ne pas oublier comment tout a commencé, le tout dans l’humour et l’autodérision.

Quel message avez-vous voulu transmettre à travers ces deux ouvrages ?
Je n’ai pas voulu transmettre de message en particulier, mais plutôt raconter une tranche de vie. J’ai ouvert les portes de notre maison à tous ceux qui se poseraient des questions. J’ai transmis une partie de notre histoire pour ne pas oublier.

Avez-vous l’impression d’appartenir plus à une culture qu’à une autre ?
Je baigne dans les deux cultures depuis que je suis née, alors, je peux dire que j’appartiens aux deux.

Est-ce que la double culture a eu une influence dans votre éducation à la maison ? Dans quelles mesures ?
La double culture influence forcément l’éducation. Nous fêtons les fêtes musulmanes à la maison et nos enfants ont également droit à un cadeau de Noël, plus dans l’esprit de se faire plaisir. Les deux cultures cohabitent très bien. Il est difficile de faire sans l’une ou l’autre, nous baignons en permanence dans les deux.

Avez-vous des projets concrets dont vous pouvez parler à nos lecteurs ? Des livres à paraître ?
Je travaille actuellement sur les illustrations de mon prochain roman graphique avec Nadia Hatroubi-Safsaf, au scénario, sur l’adaptation de la vie de la grande diva Oum Kalthoum. Je travaille en parallèle à la scénarisation du tome 3 de « Famille nombreuse », qui parlera justement d’éducation.

Quel serait le projet que vous n’avez pas encore réalisé, mais dont vous révez ?
J’aimerai beaucoup adapter « les contes des Mille et une Nuits » en bande dessinée…

Un dernier mot à nos lecteurs…
Merci de m’avoir lue tout du long ! 

Mariah Carey accusée de violation des droits d’auteur pour son entêtant «All I Want for Christmas Is You»

C’est le tube incontournable des fêtes de fin d’année: la chanteuse américaine Mariah Carey est accusée de violation des droits d’auteur pour son entêtant «All I Want for Christmas Is You», par un artiste qui lui réclame 20 millions de dollars. Le plaignant, Andy Stone, affirme avoir co-écrit et enregistré une chanson du même nom en 1989, sans avoir jamais donné la permission de l’utiliser, selon le texte d’une plainte déposée vendredi en Louisiane (sud). Il réclame 20 millions de dollars de dommages et intérêts à Mariah Carey, dont le titre est quant à lui sorti en 1994. Andy Stone accuse la chanteuse et Walter Afanasieff, qui a co-écrit la ritournelle de Noël, d’avoir «engagé consciemment, volontairement et intentionnellement une démarche visant à violer» son droit d’auteur. «All I Want for Christmas Is You» est l’un des titres les plus diffusés de tous les temps: il a dominé les ventes dans plus d’une vingtaine de pays, et il est abondamment diffusé chaque fin d’année. Le tube s’est vendu à 16 millions d’exemplaires et il aurait à lui seul rapporté quelque 60 millions de dollars à Mariah Carey en trois décennies. La chanson d’Andy Stone, enregistrée avec son groupe «Vince Vance and the Valiants», a elle connu un succès modéré auprès des amateurs de musique country. Si les deux chansons portent le même titre, les musiques et les paroles diffèrent. Andy Stone n’en reproche pas moins à la chanteuse, une trentaine d’années après, d’avoir cherché à «exploiter la popularité et le style unique» de son titre, créant par là de la «confusion». Le document déposé auprès de la justice de Louisiane indique que les avocats du plaignant ont contacté Mariah Carey et son co-auteur l’an dernier, mais n’ont «pas réussi à trouver un accord». Les représentants de la chanteuse n’étaient pas immédiatement disponibles pour un commentaire. Au total, quelque 177 chansons portant le titre «All I Want for Christmas Is You» sont enregistrées sur le site internet du Bureau américain des droits d’auteur (United States Copyright Office).