La fumée dégagée par l’incendie se voyait de tous les côtés de la ville de Ghardaïa. Les flammes, alimentées par un important stock de laine, de mousse et d’habillements, ont atteint plusieurs mètres de hauteur, menaçant plusieurs autres magasins se trouvant à proximité.

« Les pompiers ont tardé à arriver et pourtant l’unité secondaire se trouve à moins de deux kilomètres, au quartier de Hadj Messaoud et la principale à moins de 5 km à Bouhraoua, sur les hauteurs de la vieille ville de Ghardaïa», se plaint un citoyen rencontré sur les lieux de l’incendie. Son ami accuse carrément : « Ils ont dit qu’ils n’avaient pas d’eau dans les camions citernes et qu’ils avaient tardé parce qu’ils ont dû, d’abord, les remplir pour venir. Pourtant, j’ai toujours cru comprendre que les pompiers doivent être prêts à partir sur les lieux des sinistres, camions citernes toujours alimentés. Est-ce que c’est normal de mettre une heure pour arriver sur un sinistre en plein centre-ville et à moins de deux kilomètres d’une unité d’intervention ? Quand ils sont arrivés, le feu avait déjà eu le temps de consumer trois magasins, deux voitures et une moto et était en train de lécher la façade d’un dortoir. Heureusement qu’il n’y a pas eu de perte en vie humaine, ni blessé. C’est l’essentiel. » Selon les premières bribes d’informations que nous avons pu récolter de témoins et de voisins, c’est une étincelle, partie d’un chalumeau qu’un ouvrier manipulait pour souder des cornières sur le trottoir qui a, en une fraction de seconde, enflammé laine, matelas et oreillers en mousse, étalés sur le trottoir du magasin d’en face. Le feu, qui s’est très rapidement propagé, a rapidement pris des proportions, pour s’étendre à deux autres magasins contigus et une camionnette de marque DFSK, une voiture de tourisme WV, série 5, et une moto, qui étaient stationnés à proximité. A notre arrivée sur les lieux, il n’en restait plus rien, tout était complètement calciné. Les murs portaient encore les stigmates fumants de l’incendie. « Le propriétaire du magasin de matelas et de laine a perdu une grosse somme d’argent dans l’incendie. Il n’a pas eu le temps de sauver quoi que ce soit. La rapidité de la propagation du feu a été telle qu’il n’a eu le temps que de sortir lui-même du magasin avant d’être encerclé par les flammes. Il est en état de choc», nous révèle un homme rencontré sur les lieux.
Le sinistre a eu lieu lundi vers 14 heures, en plein-centre de la vieille ville de Ghardaïa, dans un endroit très commerçant, constitué d’une importante concentration de magasins et d’échoppes, appelé Chaâbat Lihoud, en référence à un cimetière juif à proximité et du quartier de Z’gag Lihoud, l’ancien quartier juif, sorte de Casbah, actuellement dénommé hay El Moudjahidine. Une enquête a été ouverte par la police judiciaire de la Sûreté de wilaya de Ghardaïa, qui a dépêché sur les lieux une équipe de la police scientifique, pour déterminer les causes et les circonstances exactes de ce sinistre.O. Y.