Du statique, on peut vite basculer dans le fantasmagorique. Il n’y a qu’à se rappeler de ce majestueux coup de pied arrêté de Riyad Mahrez en demi-finale de la dernière Coupe d’Afrique. Contre le Nigéria, le capitaine de l’EN a mis les Algériens dans un état extatique. Un coup franc qui a pesé une qualification en finale et ouvert le chemin vers la consécration. Les phases arrêtées, c’est important. Elles peuvent être une solution. Et les trois derniers adversaires de l’Algérie l’ont appris à leurs dépens. De plus en plus, les Verts semblent à l’aise dans cet exercice qui pourrait être une solution pour décanter les situations en cas de manque d’inspiration.

Dans le foot moderne, les coups francs et les corners (voire les longues touches) peuvent décider du sort d’une rencontre. A l’époque de Rabah Saâdane, c’était l’un des atouts qui ont permis à Karim Ziani & cie de se qualifier en Coupe du Monde 2010. Sous Djamel Belmadi, ce registre n’est pas ce qui caractérise le plus le mode d’emploi de l’EN. Cependant, il semble en passe de l’exploiter pour tenter d’en faire une nouvelle arme. Rappelez-vous, lors de la balade contre la Zambie (5-0), le 14 novembre 2019 pour entamer les éliminatoires de la CAN-2021, l’ouverture du score était sur corner repris victorieusement par Ramy Bensebaïni. Hier vendredi, en amical face au Nigéria, c’est le même joueur qui a inscrit le premier et unique but du match. C’était aussi sur un coup de pied de coin. Entre ces deux sorties, il y a eu les trois précieux points ramenés du Botswana (1-0). Un succès signé des pieds de Youcef Belaïli sur un… corner direct.

Bensebaïni, le récidiviste
Tous ces faits de jeu ne doivent pas être coïncidence. L’entraîneur Djamel Belmadi veut clairement élargir la panoplie d’El-Khadra. Et cela ne peut que rendre les Fennecs plus redoutables et imprévisibles pour leurs adversaires. Le danger peut venir de partout et à tout moment. Dans cet exercice, Bensebaïni semble être très adroit car son gabarit (1m86) lui permet de lutter dans les airs. Il a aussi une bonne lecture car un défenseur sait quel déplacement peut faire mal sur ce genre de phases. L’Algérie est une équipe qui aime jouer et se procurer des occasions. Ce penchant constant pour l’offensive oblige le team adverse à concéder -inévitablement- des corners ou faire des fautes sur les joueurs techniques comme Bennacer, Mahrez et Belaïli ou ceux qui joue en appui avec une bonne protection de balle comme Bounedjah. A partir de là, il est recommandé d’essayer d’exploiter au maximum ce qui peut s’avérer être une solution dans les rencontres fermées ou sur des terrains impraticables comme c’est souvent le cas en Afrique.

Gabarits adéquats
Lors de Nigéria –Algérie, disputé hier en Autriche, les Dz ont obtenu 11 corners, soit presque le triple des Nigérians (3). Un seul seulement a été exploité. Et il a valu le 16e succès sous la houlette de Belmadi. Ainsi, un coup de pied arrêté a pu décider du sort de l’explication. Ce qui démontre l’importance de ce répertoire. D’autant plus que les Benlamri, Mandi et Bensebaïni voire Tahrat, qui peuvent monter sur corner, cumulent à une moyenne de 1m86. Devant, Baghdad Boundjah (1m84), Islam Slimani (1m88) et -potentiellement- Karim Aribi (1m92), qui a des chances d’être appelés prochainement, ont le physique pour prendre le dessus. Tout ceci, sans oublier la délicieuse patte gauche de Riyad Mahrez qui est capable de mettre des coups francs directs ou déposer des ballons dans les bonnes zones. Clairement, tous les ingrédients sont là pour tirer profit des coups de pieds arrêtés et élargir la palette de jeu de maîtres du continent. Et cela aidera considérablement dans la préservation de la notoriété. n