Contre toute attente, Djamel Belmadi a renoncé à animer sa conférence de presse programmée hier au Centre technique national (CTN) de Sidi-Moussa. Sachant, au préalable, que le gros des questions allait porter sur la situation au sommet de la Fédération algérienne de football (FAF) et le sort réservé à Zetchi, il a préféré s’absenter à cet oral. Un choix intrigant. Décevant même sachant que le sélectionneur national a souvent montré une maîtrise dans sa com’. Toutefois, au milieu de l’averse, il y a l’équipe nationale, et le chef de la barre technique a – vraisemblablement – voulu la mettre à l’abri.

Par Mohamed Touileb
La décision a laissé place à de nombreuses lectures. Pour certains, Belmadi s’est désolidarisé de Zetchi. Pour d’autres, il a préféré observer le silence afin de ne pas donner lieu à des déclarations incendiaires envers ceux qui viennent perturber la quiétude et son entente avec l’actuel dirigeant de la FAF.
Les versions sont nombreuses mais l’enjeu unique dans tout ça reste la sélection nationale qui doit être épargnée par cette lutte acharnée pour le fauteuil du boss au siège de Dely Brahim. A trois mois du début de la campagne qualificative à la Coupe du Monde 2022 au Qatar, les «Fennecs» jouent le «money time» de la préparation pour ce transit vers le Mondial.

Pas de soutien public à Zetchi
Toutes les ondes négatives dégagées par l’atmosphère pesante entre la FAF et le Ministère de la Jeunesse et des Sports (MJS) pourraient nuire à la sélection. Manifestement, Belmadi essaie de faire la part des choses afin que l’EN ne soit pas instrumentalisée ou affectée par ce conflit ouvert et frontal. D’ailleurs, Kheireddine Zetchi, patron de la FAF, a déjà cédé face à la pression en se voyant contraint de renoncer à briguer un second mandat.
Naturellement, il aurait certainement souhaité que Belmadi, avec lequel il a conjointement travaillé pour décrocher la Coupe d’Afrique des nations 2019 en Egypte, le conforte et réconforte dans le «bashing» médiatique et les critiques à outrances ayant fusé de toutes parts. Surtout après que le MJS de Sid-Ali Khaldi a laissé fuiter une missive fatale. Dans cette dernière, on lui imputait d’une manière indirecte,le fait d’avoir humilié l’Algérie en s’engageant dans une élection au Comité exécutif de la FIFA sans avoir fait une estimation prudente de ses chances pour sortir vainqueur.

Pas le moment de quitter le bord
Le fait d’avoir opté pour le silence laisse, logiquement, place à des interprétations. Le public ne connaîtra pas la position personnelle de l’ancien entraîneur d’Al-Duhail (Qatar). Belmadi sait qu’il a un contrat qui court jusqu’à la CDM qatarie.
Un objectif majeur qu’il s’est fixé avec ses joueurs. Du moment qu’il garde toutes ses prérogatives, le changement au sommet de la FAF ne devrait pas vraiment le déranger. Et puis, il l’a si bien dit lors de sa première conférence de presse après sa nomination sur le banc : «J’ai signé pour 4 ans et c’est tout ce qui m’intéresse. C’est un devoir d’entraîner l’Algérie.»
Le nom de Zetchi n’a pas été prononcé parmi les raisons l’ayant motivé pour accepter sa mission. Une déclaration qui prouve, si besoin, que les destins des deux hommes ne sont pas forcément liés. A moins que les 3 années de collaboration aient changé la donne…

EN : La liste des 28 Fennecs concernés par la date FIFA de mars dévoilée
Le sélectionneur de l’Algérie, Djamel Belmadi, se faisait attendre. Jusqu’à hier, la FAF n’avait toujours pas annoncé la liste des 23 joueurs qui iront jouer la Zambie (25 mars) et recevront le Bostwana(29 mars) lors des dernières journées de qualification à la Coupe d’Afrique des Nations. Pour cette trêve, Djamel Belmadi a décidé de faire confiance aux habitués et traditionnels cadres de l’équipe. Et si longtemps, le sélectionneur a douté de la présence des joueurs de Ligue 1, Islam Slimani, Belamri, Belkebla et Farid Boulaya seront bien présents. À noter la première sélection d’Ahmed Touba et Naoufel Khacef, l’ancien Bordelais ainsi que le sociétaire de Twente FC (Pays-Bas) Ramiz Zerrouki.