Les établissements d’accueil de la petite enfance continuent de subir les contrecoups de la crise sanitaire liée à l’épidémie de coronavirus. Cette pandémie a, en effet, déstabilisé ces structures en les rendant «vulnérables» sur le plan financier, alerte Rym Salhi, présidente de la Fédération nationale des établissements d’accueil de la petite enfance (FNEAPE). Les 3 600 structures existant sur le territoire national sont toujours obligées d’exploiter que 50% des capacités d’accueil, alors que cette décision devait être reconsidérée pour atteindre les 75 % à la rentrée scolaire 2020/2021, ajoute Mme Salhi qui explique que cette décision n’est pas encore en vigueur, alors qu’on est à la veille de la rentrée des classes, sans omettre de rappeler que les structures d’accueil remplissent les conditions pour l’application du protocole sanitaire.
Le nombre de places dans tous les modes d’accueil a diminué avec cette mesure de restriction au profit de l’accueil individuel et informel. «Beaucoup de parents actifs souhaitant inscrire leurs enfants dans des crèches ne trouvent plus de places à cause de cette restriction et se retrouvent confrontés au problème de placement de leurs enfants», dit la présidente du FNEAPE. Cette situation a profité à la création et à la prolifération de structures illicites qui répondent à une telle demande pour se substituer aux crèches agréées. Depuis quelques mois, dit Mme Salhi, des gardes d’enfants à domicile proposent leurs services sur la toile, en se faisant passer pour des éducatrices expérimentées et ayant travaillé dans des établissements agréés, donc en mesure de garder des enfants chez elles. Pour Rym Salhi, «l’enfant est en danger si cette activité n’est pas régie par une loi». «Notre fédération réclame que cette activité (nourrice à domicile) soit régulée par un cadre juridique. Et les gardes d’enfants à domicile se conforment à des dispositions d’une loi définie», ajoute notre interlocutrice. «Ces gardes d’enfants à domicile, alerte Mme Salhi, ne disposent pas de document prouvant leur aptitude à accueillir des enfants». Elles doivent présenter un document prouvant leur capacité et leur qualification pour s’occuper d’un enfant et des tâches associées».
Les gardes d’enfants à domicile effectuent un certain nombre de tâches diverses, le ménage, la cuisine, la lessive et ne s’occupent pas que de l’enfant, alerte-t-elle encore. Elle rappelle que les établissements d’accueil de la petite enfance sont incontournables sur le plan socio-économique par le rôle primordial qu’elles assurent qui est d’éduquer des générations.
Rym Salhi rappelle que nombre d’établissements ont connu une faillite et, d’autres risquent de ne pas résister longtemps car elles enregistrent une «perte considérable» qui les mettra face à une posture de vulnérabilité financière.
«Avec la réduction de nos capacités d’accueil de 50%, on est contraints d’augmenter les tarifs de 1 000 à 2 000 DA pour pouvoir faire face aux lourdes charges que nous avons», avance Mme Salhi. Il s’agit entre autres du paiement du loyer, des employés ainsi que des charges fiscales», explique-t-elle.