Par Bouzid Chalabi
Les céréaliculteurs bénéficiant du soutien de l’Etat, tant en amont qu’en aval de leurs activités seront dorénavant soumis à l’obligation de céder l’entière production de blé et orges à l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC). Une mesure inscrite au chapitre des dispositions diverses dans le cadre du projet de finance complémentaire 2022 (PLFC) dans son article 30, adopté en Conseil des ministres sur la base des directives du président de la République Abdelmadjid Tebboune.
Les motifs de cette mesure ont été exposés dans le projet d’ordonnance de la loi de finances complémentaire 2022 dont Reporters détient une copie. On lit, en effet, que le marché mondial des céréales a connu, ces dernières années, beaucoup de perturbations qui se sont traduites par une baisse significative de l’offre, avec pour effet la fluctuation à la hausse des prix ainsi que le taux d’inflation et l’augmentation des prix des intrants avec pour effet une hausse marquée des coûts de production des céréales, impliquant une diminution significative des revenus des producteurs. Ce faisant, au plan de la production et malgré ces fluctuations, les performances n’ont pas cessé de croître démontrant ainsi des capacités potentielles de production et des réserves de productivité existantes pour améliorer la production, réduire la dépendance de notre pays vis-à-vis de l’extérieur et permettre le renforcement de notre sécurité alimentaire en matière de céréales.
Néanmoins, malgré tous ces efforts consentis par l’Etat en matière d’encadrement technique et économique, les niveaux de collecte au niveau national demeurent toujours faibles, lesquels ne dépassent pas les 50% pour toutes espèces confondues et ce, en raison de l’absence d’une mesure obligeant les agriculteurs à livrer leur production à l’OAIC. A ce titre, et faisant suite à l’envoi du Premier ministre n°1487 du 17/04/2022, il est proposé l’institution d’une mesure législative permettant la mise en place d’un dispositif obligeant les céréaliculteurs bénéficiant du soutien de l’Etat de céder l’intégralité de leur production des blés et orges à l’OAIC et qui fera l’objet d’examen dans le cadre de la préparation de la prochaine loi de finances. Telle est l’objet de la présente mesure, est-il conclu, dans l’attente que les modalités d’application de cet article soient fixées par voie réglementaire.
Il y a lieu de rappeler enfin que le chef de l’Etat a décidé d’augmenter les prix d’achat de céréales aux producteurs. L’objectif recherché à travers cette mesure est d’inciter les agriculteurs à fortement augmenter la production et améliorer la sécurité alimentaire du pays. Ainsi le prix du blé dur est passé de 4 500 à 6 000 dinars le quintal, le blé tendre de 3 500 à 5 000 dinars le quintal et l’orge de 2 500 à 3 400 dinars le quintal. Du coup les céréaliculteurs n’en sont que bénéficiaires à la condition qu’ils livrent leur récolte à l’OAIC. n