Les acteurs de la filière céréaliculture, s’ils se sont réjouis des dernières pluies qui se sont abattues le week-end, ne cachent pas moins leur inquiétude et espèrent l’arrivée d’autres épisodes pluviométriques en cette période où la campagne labours semailles bat son plein sur l’ensemble des régions du pays à vocation céréalière.

Par Bouzid Chalabi
D’autant que la culture de céréales est une agriculture pluviale, c’est-à-dire grandement tributaire des chutes de pluie et plus particulièrement en cette période de labours-semailles. C’est pourquoi du côté de la filière céréaliculture on reste encore optimistes quant à la venue d’autres épisodes pluviométriques indispensables pour mener à terme la campagne labours-semailles. Les céréaliculteurs portent un grand espoir à ce que les pluies soient fréquentes et abondantes en cette période précise tout en étant conscients qu’avec la réduction du volume des précipitations observées ces trois dernières années, la tendance est à la rareté.
Pour tous les professionnels en céréalicultures approchés par Reporters, si d’autres épisodes pluviométriques venaient à intervenir dans les prochains jours ce sera «une lueur d’espoir qui se profile à l’horizon, à savoir une campagne labours-semailles pleinement réussie tant les conditions météorologique auront été propices».
Pour l’heure, certains d’entre eux n’excluent pas l’hypothèse que le ciel ne soit pas clément en termes de précipitations. Contacté, Hadj Braham, qui exploite plus 100 hectares dédiés à la culture du blé dur du côté de la plaine du Sersou (près de la ville de Tiaret), n’écarte pas la possibilité de «passer à l’irrigation» si la pluie continue à se faire rare. Il nous dira que dans sa région à vocation hautement céréalière nombreux de ses pairs se préparent, dans la cas où les pluies n’arrivent pas en temps opportun, à recourir à l’irrigation.
C’est d’ailleurs une alternative recommandée, soutient Salah Bouaïchi, expert en économie rurale et agroalimentaire. Lors d’un entretien à une chaine de télévision, il n’a eu de cesse de marteler que l’Algérie, à l’instar du reste des pays du pourtour méditerranéen, est devenue très vulnérable au changement climatique. C’est pourquoi l’expert prône la mise en place d’une stratégie pour la sécurité hydrique, d’ailleurs fortement indiquée, et de faire obligation aux agriculteurs de recourir aux systèmes d’irrigation moderne et à l’utilisation des eaux issues de stations d’épuration (STEP).
«C’est d’ailleurs une alternative qui va certainement devenir incontournable à partir du moment où l’on sait que notre secteur de l’agriculture engloutit à lui seul près de 80% de nos ressources hydriques conventionnelles. Des ressources qui ne cessent de s’amenuiser d’années en année sous l’effet du stress hydrique qui s’est installé dans le pays», a-t-il averti.
En somme, les pluies d’octobre et celles récentes de ce mois de novembre procurent de l’espoir chez les gens de la terre, mais cela reste insuffisant d’autant que notre pays est devenu sujet à une sécheresse endémique, ces dernières années. Comme on peut avancer que ce retour de la pluie et des quantités emmagasinées sont loin de répondre aux besoins en eau potable et encore moins aux besoins de l’agriculture. De récentes études ont démontré que le changement climatique a accentué la diminution des précipitations, estimée par des experts en la matière à environ 10% pour les années à venir avec pour conséquence de réduire les rendements des principales cultures céréalières. Du coup, toute alternative pour éviter ce scénario est à exploiter. n