Par Bouzid Chalabi
Le ministère de l’Agriculture et du Développement rural table pour une production céréalière à l’issue de la campagne moissons-battage 2022 autour de 27 à 30 millions de quintaux toutes variétés confondues. Ce qui devrait, selon le premier responsable du secteur Mohamed Abdelhafid Henni, permettre au pays de « réduire son volume d’importation pour la même année de 25% », a-t-il indiqué au micro de la Chaîne III de la Radio nationale dont il était l’invité hier. En somme, les prévisions de récoltes issues de la campagne à venir vont doubler par rapport à celle de 2021, qui s’est soldée par un piètre résultat, soit 13 millions de quintaux.
Pour y arriver, le ministre mise en particulier sur l’augmentation de la superficie agricole dédiée aux céréales, qui est actuellement de 3,3 millions d’hectares, l’amélioration des rendements agricoles à 60/70 quintaux par hectare, la généralisation de l’irrigation d’appoint notamment dans les zones Ouest et Centre du pays, où il n’est plus possible de compter sur la pluviométrie. Toujours dans ce même ordre d’idées, le ministre a cité l’agriculture saharienne. « Elle peut aussi être d’un apport en termes de volumes récoltés dans le Grand-Sud du pays du fait de ses rendements qui peuvent atteindre jusqu’à
100 quintaux à l’hectare », a-t-il argué. Abondant dans ce sens, il dira que « l’avenir agricole du pays est dans le Grand-Sud », comme il a souligné dans la foulée qu’« avec les augmentations du prix à l’achat des céréales, décidées par le chef de l’Etat au profit des céréaliculteurs, lesquelles ont nécessité une enveloppe de
30 milliards de dinars, les objectifs de récoltes escomptés sont à notre portée car les augmentations des prix à l’achat vont encourager les céréaliers à s’investir plus dans leur domaine d’activité ». Ce faisant, si l’objectif de récolte 2022 venait à se concrétiser et ainsi permettre, comme l’a annoncé le ministre, une baisse des volumes importés à hauteur de 25 %, c’est une baisse considérable de nos importations qui sera réalisée. En effet, une diminution de près de 2 000 000 de tonnes sur un total d’importation prévisionnel de 8 millions de tonnes. Une sérieuse économie d’argent dont le pays a grand besoin. Mais toujours est-il que cette réduction des volumes dépasse encore le plafonnement des importations décidé par le gouvernement de l’époque (2019) à 5 millions de tonnes de céréales par an. Ce qui veut dire enfin que notre filière céréale est appelée à consentir plus d’effort pour ne pas dépasser le niveau de plafonnement dans les importations précisées. C’est là un défi qu’elle doit relever pour éviter au pays le poids d’une lourde facture d’importation.