A quelques semaines de l’annonce officielle des résultats de la campagne moisson battage 2020, l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC) a lancé samedi dernier un avis d’appel d’offres international pour l’achat de 50 000 tonnes de blé tendre livrable durant la période septembre/octobre 2020. Selon la société experte en stratégie des marchés agricoles et agro-industriels (Agritel) qui rapporte l’information sur son site internet, les offres sont attendues à partir d’aujourd’hui mardi « avec une période de chargement pour les origines européennes annoncée en octobre », précise Agritel. Toujours selon cette même source, les fournisseurs européens chercheront logiquement à se positionner malgré la maigre récolte en Europe, notamment pour ce qui concerne la France dont les prévisions de récoltes sont sous les 30 millions de tonnes. Il faut aussi souligner qu’à l’instar de l’Algérie, d’autres pays importateurs se positionnent aux achats, à l’image de l’Egypte et de la Turquie qui ont eux aussi lancé un appel d’offres. Des appels sur le quels les opérateurs se montrent rassurants avec des volumes suffisants tant en quantité qu’en qualité pour répondre aux débouchés traditionnels que sont les importateurs chinois, égyptiens, algériens et autres. Cela dit, à travers cet appel d’offres de l’OAIC, on peut déduire que l’Office poursuit son programme d’approvisionnement en blé tendre qui s’inscrit dans sa stratégie de conforter ses stocks de blé de mouture et aussi par le fait que le plafond d’importation fixé par le gouvernement pour l’année 2020, soit cinq millions de tonnes de blé tendre, n’a toujours pas été atteint.
Notons toutefois que l’acheteur officiel algérien de céréales est revenu depuis juin dernier sur le marché international des céréales après une éclipse de trois mois. Laquelle était considérée à l’époque comme de bonne guerre en raison du rebondissement des cours des céréales à l’international. Faut-il savoir dans ce même ordre d’idées que le précédent contrat d’achat de l’OAIC remonte à juin 2020 pour l’acquisition de 50 000 tonnes de blé tendre. Auparavant, c’est-à-dire en mars, l’OAIC avait conclu un contrat d’achat de 600 000 tonnes de blé de mouture à raison de 10,5 dollars/tonne de moins que le tout dernier achat de l‘OAIC, c’est-à-dire en janvier 2020. Toujours dans ce même registre des importations algériennes de céréales, il y a lieu de savoir que les prévisions du département américain de l’agriculture (USDA) tablent sur une hausse de plus de 15% des importations algériennes de blé (7,5 millions de tonnes) durant la saison 2020/2021. Un volume qui dépasse largement le plafond d’importation comme indiqué ci-dessus. Du coup, faut-il comprendre que les pouvoirs publics ont revu à la hausse les importations par mesure de prudence suite à la crise sanitaire mondiale poussant les pays gros producteurs de céréales de prévoir des restrictions de leurs exportations ?
Pour revenir à l’avis d’appel d’offres que vient de lancer l’OAIC, il faut s’attendre, comme c’est de coutume, que les opérateurs français aient la part du lion dans cette opération. Confortant ainsi la position de l’Algérie comme étant l’un des plus grands clients traditionnels de la France pour les achats de blé sur le marché international, qui dépassent 2,5 millions de tonnes par an. Ce volume d’importation de blé français s’explique en partie par ses caractéristiques qui donnent une excellente farine panifiable et aussi par le coût du fret vu la proximité géographique des deux pays.
Rappelons enfin que le blé est un enjeu majeur pour l’Algérie, car sa consommation frôle les 10 millions de tonnes, dont près de la moitié est importée. n