Il a suffi que l’Algérie lance une nouvelle commande de blé, jeudi, pour que le marché européen s’emballe.
Un appel d’offres pour l’achat de 600 000 tonnes de blé a été émis par l’Algérie, mettant les fournisseurs européens en effervescence, bien que, encore une fois, le blé français soit considéré comme le mieux placé pour être choisi pour la majeure partie de cette commande, passée par l’Office algérien interprofessionnel des céréales (Oaic), importateur public en charge de satisfaire les besoins nationaux en céréales. Les prix annoncés dans l’appel d’offres algérien ont été perçus comme une réaction agressive face à un éventuel succès français, estiment les traders du marché européen. Plus tôt dans la journée de jeudi, les contrats à terme du blé d’Euronext ont atteint leur plus bas niveau en plus de six mois, à la suite d’une baisse inattendue alimentée par la vente technique et par l’inquiétude que la reprise de la demande arrive trop tard pour compenser un début de campagne lent. Une chute brutale des prix du blé à Chicago a également exercé des pressions sur Euronext. Les chiffres décevants, aux États-Unis, des ventes à l’exportation ayant pesé sur la confiance. «Le mouvement des prix a été brutal et n’était pas vraiment attendu aujourd’hui, alors que le blé français semblait compétitif pour les exportations et que l’euro était plus faible», a déclaré un trader d’Euronext, dont les propos ont été répercutés par Reuters. «Le marché ne pense pas que les exportations de l’UE puissent atteindre les volumes prévus.» Mercredi, un appel d’offres lancé par la Tunisie, dont le volume est de 100 000 tonnes, a redonné de l’espoir aux fournisseurs européens, avant que l’Algérie ne vienne donner un coup d’accélérateur à la dynamique du marché européen. Les statistiques des douanes algériennes relèvent une hausse des importations algériennes de céréales sur les 11 premiers mois de l’année 2018, comparativement à la même période de 2017. La facture des importations des céréales, semoules et farines a atteint 2,844 milliards de dollars de janvier à novembre 2018 contre 2,552 milliards de dollars durant la même période de 2017, soit une augmentation de plus de 292 millions de dollars (+11,46%). Sur toute l’année 2018, la facture d’importation des céréales devrait se situer bien au-dessus du niveau observé en 2017, puisque l’Algérie a multiplié ses achats durant le dernier trimestre de l’an dernier. Les prévisions tablent sur des importations de l’ordre de 5,6 millions de tonnes à la fin de 2018, une facture nettement supérieure à la valeur des achats effectués en 2017. Des chiffres qui placent l’Algérie au quatrième rang mondial des importateurs, loin devant l’ensemble des pays de l’Union européenne, le Brésil et l’Egypte. La hausse de la facture d’importation des céréales est la conséquence, en partie, de la faible production nationale qui n’a pu dépasser les 60 millions de quintaux durant la saison 2017/2018. Les prévisions du ministère de l’Agriculture pour la saison 2018/2019 tablent sur une production céréalière de 90 millions de quintaux.<