Par Feriel Nourine
Pour sa dernière opération, l’Office a sorti un chèque pour l’acquisition de 510.000 tonnes de blé.
L’Algérie ne cesse de renforcer ses achats de blé, de sorte à garantir une disponibilité face à un marché mondial de céréales toujours fortement perturbé par la guerre en Ukraine. Dans le cadre d’un appel d’offres international clôturé mardi dernier, l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC) a procédé à l’acquisition d’une importante quantité de blé tendre, soit 510.000 tonnes, rapporte Reuters, relayée par des médias nationaux.
Cette transaction a été opérée à travers un prix compris entre 367 et 368 dollars la tonnes, frais de port compris, a ajouté l’agence de presse britannique.
Le blé devrait être expédié en deux périodes depuis les principales régions d’approvisionnement, dont l’Europe, du 1er au 15 décembre et du 16 au 31 décembre, a souligné la même source, notant que s’il provient d’Amérique du Sud ou d’Australie, l’expédition est effectuée un mois plus tôt. Quant à l’origine du blé acheté, le gros des quantités devrait provenir de la production russe, et d’autres de France, a-t-on expliqué. Plus précisément, «un volume substantiel devrait provenir de Russie, même si certains proviendront probablement de France», a expliqué Reuters.
Dans le cas de la Russie, l’exportation du blé vers l’Algérie est en train de gagner énormément en quantité, à la faveur de la révision par l’OAIC de son cahier des charges, permettant aux exportateurs russes d’augmenter leurs ventes à l’office, à des prix plus avantageux pour l’Algérie.
Parallèlement aux efforts des pouvoirs publics de promouvoir la production de céréales en grandes quantités, et de la mise en place de capacité de stockage, l’Algérie ne s’arrête pas de multiplier les opérations d’achats massifs en la matière, confirmant régulièrement son statut indésirable de gros importateur.
Durant le seul mois d’octobre dernier, trois transactions du genre ont été effectuées. Après deux achats massifs successifs de blé meunier, soit un total de 800 000 tonnes, l’OAIC a conclu un contrat d’achat de 80 000 tonnes de blé tendre d’origine optionnelle à des prix autour de 380 dollars la tonne. En plus de vouloir assurer un approvisionnement pouvant répondre à une forte demande, le gouvernement multiplie et diversifie les achats en blé face à des prix qui reste très élevés, alors que l’impact de la guerre russo-ukrainienne pèse toujours lourdement sur les prix des céréales à l’échelle mondiale.
Avec des importations estimées à 8 millions de tonnes par an, l’Algérie a, en effet, intérêt à réduire sa facture sur ce registre. La solution semble difficile face à la situation qui domine actuellement le marché international où les prix ne sont pas à l’abri d’une nouvelle remontée vers des chiffres record.
Dans cet objectif, des résultats positifs ont été réalisés à travers, entre autres, la campagne moissons-battage 2022, qui s’est soldée par une récolte de près de 30 millions de quintaux toutes variétés confondues.
Ce qui permettra, selon le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Abdelhafid Henni, de réduire «les importations à hauteur de 25 à 26%».
«Du chemin reste à faire pour pouvoir réduire au moins de moitié nos volumes d’importation de céréales», a néanmoins fait remarquer le premier responsable du secteur. Ce dernier avait, à l’occasion du coup d’envoi officiel de la campagne labours-semailles pour la saison 2022/2023, insisté sur l’objectif d’atteindre un rendement moyen de 30 quintaux à l’hectare. «Un rendement qui reste à notre portée», avait-il indiqué aux cadres du secteur qui l’accompagnaient. Abondant dans ce sens, il dira à la même occasion : «Notre priorité est de consacrer essentiellement 3 millions d’hectares au profit de la filière céréalière.» Ajoutant que «le rendement de 30 quintaux à l’hectare peut être atteint dans la mesure où les céréaliculteurs vont bénéficier de rabais sur les prix des engrais qui leur sont nécessaires pour arriver aux objectifs fixés.» En effet, le ministre pour conforter ses dires a rassuré les céréaliculteurs que «le prix de l’urée 46 restera inchangé par rapport au prix de l’an dernier». Il a en outre confié à propos des autres engrais : «La production nationale répond à la demande locale à hauteur de 40% avec un soutien de l’Etat de 50% au lieu de 20%, sur des prix de référence réels sur le marché. <