Les prix du blé sur les marchés internationaux ont connu un premier fléchissement, a annoncé vendredi l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), qui a revu en légère hausse ses prévisions de la récolte céréalière mondiale pour 2022.
L’indice FAO des prix des céréales fléchit de 4,1% en juin, les prix internationaux du blé se contractant pour la première fois depuis le record du mois de mars (-5,7%). Un repli qui s’explique notamment par la «disponibilité saisonnière de nouvelles récoltes dans l’hémisphère Nord, l’amélioration des conditions de culture dans certains grands pays producteurs (comme le Canada) et des perspectives de production plus élevées dans la Fédération de Russie».
La récolte de la Russie, qui représente avec l’Ukraine près d’un quart de l’approvisionnement mondial en blé, s’annonce en effet «exceptionnelle», et lui permettrait potentiellement d’exporter jusqu’à 40 millions de tonnes en 2022-2023, relève l’Organisation onusienne.
La FAO a, par ailleurs, légèrement relevé ses prévisions concernant la production céréalière mondiale en 2022 : elle approcherait les 2,8 milliards de tonnes avec 7 millions de tonnes supplémentaires. «A ce niveau, la production mondiale serait encore inférieure de 0,6% à celle de 2021», a-t-elle observé.
Ces nouvelles du marché mondial des céréales arrivent au moment où l’Algérie est en train de veiller non seulement à la disponibilité des céréales dont elle est grande consommatrice et grande importatrice, mais également à constituer ses stocks. Pour la saison 2021-2022, les statistiques font état de l’importation d’environ 8 millions de tonnes de céréales, la production nationale n’arrivant pas à décoller comme souhaité pour faire baisser la facture des importations.
La hausse fulgurante des prix des céréales conjuguée à la difficulté d’approvisionnement du marché mondial mettent l’Algérie devant l’obligation d’augmenter sa production, mais en attendant, il s’agit également de renforcer les stocks du pays en la matière. C’est dans cette perspective que le Conseil des ministres, tenu lundi dernier, s’est penché sur cette question. Les orientations générales données au gouvernement concernant le blé et autres matières céréalières portent sur «le renforcement des capacités de stockage des céréales au niveau national, notamment dans les wilayas réalisant de grands rendements», est-il souligné dans le communiqué ayant sanctionné ledit Conseil, qui a tenu, également, à faire part de «l’interdiction du stockage dans les lieux non couverts», et ce, afin d’«augmenter les réserves nationales stratégiques de céréales».