Par Bouzid Chalabi
La seconde partie de la campagne mondiale de commercialisation du blé 2011-22 va débuter au mois de juillet prochain. Et si, d’ici là, les ports ukrainiens ne retrouvent pas leur pleine activité à la suite de la guerre qui sévit dans ce pays, l’équilibre offre et demande mondiales va rester secoué. Autre conséquence et non des moindres, faute de ne pouvoir s’approvisionner en blé ukrainien, les pays gros importateurs n’auront d’autres choix que de se tourner vers d’autres fournisseurs. Ce qui est tout à l’avantage de ces derniers.
Dans ce scénario, ce sont les fournisseurs français qui pourraient en profiter le plus. En effet, depuis plus d’une année, les blés français ont été boudés par leurs deux plus grands acheteurs, en l’occurrence l’Egypte et l’Algérie. Le premier jetant son dévolu sur les blés issus de la mer Noire, suivi, mais en faibles quantités, par le second. Mieux encore, l’Algérie, pour assurer dans le contexte actuel ses approvisionnements indispensables, a pris l’initiative de se procurer du blé d’origine mexicaine, soit une cargaison de 600 000 tonnes. Certes, le coût du fret sera beaucoup plus élevé au vu de la distance d’acheminement mais, par mesure de prudence, cet ajout financier sur le coût final d’importation n’a pas été pris en considération, le but étant de maximiser les achats avant que le marché ne s’emballe à l’occasion de la prochaine campagne commerciale.
Pour preuve, depuis mars dernier, l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC) n’a eu de cesse de lancer des avis d’appel d’offres. Depuis, les contrats d’achats jusqu’à présent conclus ont porté sur des fournisseurs européens. Parmi ces derniers, certains ont trouvé du mal à honorer le délai de livraison par suite de l’arrêt du trafic maritime dans les ports d’Odessa et de Mykolaiv à vocation principale d’embarquement des céréales ukrainiennes. Ce qui explique peut-être pourquoi l’OAIC a opté de se fournir en blé mexicain comme cité ci-dessus.
Ce faisant, il reste à craindre que la prochaine campagne commerciale débute sur les chapeaux de roue. Le cas échéant, c’est tous les pays importateurs qui se verront payer à prix fort leurs besoins en céréales. Et pour ceux qui ne le pourront pas, c’est une forte pénurie en la matière qui pourrait intervenir chez eux. Certes, ce ne sera pas le cas de l’Algérie car, selon le président de la République, nous disposons d’un stock qui couvre huit mois de consommation nationale. Il reste à espérer que la prochaine campagne moissons-battage, qui va bientôt être lancée, va se solder par des rendements satisfaisants du moins à hauteur de rendre nos stocks en mesure de diminuer quelque peu nos volumes d’importation en blé tendre et dur.
A ce propos, c’est là un défi que le pays doit relever pour éviter de se retrouver à la merci des fluctuations à la hausse des cours mondiaux des céréales. <