Un autre tour de vis pour les minotiers, notamment ceux qui produisent des pâtes alimentaires à base de blé dur. En effet, après la décision du gouvernement de suspendre les exportations de pâtes alimentaires fabriquées à partir de céréales subventionnées par l’Etat, c’est au tour de la subvention sur leur matière première qui sera levée. Une décision qui passe mal auprès des concernés…

Les opérateurs concernés par le décret exécutif paru sur le Journal Officiel auront donc un délai de trois mois pour se conformer à cette nouvelle mesure. Auront-ils suffisamment le temps et comment vont-ils s’y prendre ? Deux questions que Reporters a tenté de poser à certains transformateurs, en vain, car ceux contactés ont préféré un temps de réflexion, tandis que d’autres ont carrément évité d’en parler. C’est à croire que les producteurs de pâtes alimentaires ont mal digéré que leur matière première sera cédée dorénavant par l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC) non subventionnée.
Ce refus de communiquer des sources concordantes s’explique par le fait qu’ils ne s’attendaient pas à une telle décision, tout au moins la renvoyant à plus tard. Reporters apprend d’une source informée qu’il est évident que les transformateurs de céréales subventionnées vont se retrouver avec des marges de bénéfices moindres que celles dont ils avaient l’habitude jusqu’ici. Mais ce qui les tracasse le plus, c’est ce qu’il leur est demandé après le retrait de la subvention, «de ne pas procéder à des augmentations des prix de leur production», apprend-on. Et de nous souligner dans ce sens : «Les transformateurs n’auront d’autres choix que de se plier à cette condition tout en revoyant à la baisse leur coût de production, afin de maintenir une marge bénéficiaire acceptable.» Il importe de savoir que les producteurs de pâtes alimentaires n’étaient soumis à aucun quota d’approvisionnement auprès de l’OAIC et de ce fait ne se privaient pas de passer commandes au-delà de leur capacité de production. Une pratique qui a fait jaser car laissant dire que certains patrons de minoteries revendaient en l’état leur surplus de matière première alimentant ainsi le marché informel au grand détriment des caisses de l’Etat. En clair, les subventions par l’Etat profitaient à des indus bénéficiaires. Une dérive à laquelle il devenait urgent de mettre fin. C’est ce que l’Etat a décidé.
Pour l’heure les minotiers ne vont pas rester les bras croisés et vont demander à ce que la mesure fasse l’objet d’un correctif. Selon nos sources, l’option de la mise en place de la formule de quota d’approvisionnement en céréales subventionnées est la mieux indiquée pour faire en sorte de donner plus de temps aux transformateurs de se préparer à acheter au prix réel leur matière première «et non de façon brutale», lâche enfin notre source. Côté consommateurs, on redoute que les producteurs ne leur fassent payer la levée de la subvention sur la matière première en procédant à réduire leur offre sur le marché de la consommation, créant ainsi une tension sur les pâtes alimentaires avec toutes les conséquences que cela peut avoir sur les ménages à faibles revenus dont les pâtes alimentaires sont d’un grand secours pour arriver à joindre les deux bouts. Attendons pour voir quelle sera la réaction des producteurs de pâtes alimentaires et le cas échéant d’enregistrer les retombées sur le marché de la consommation. n