A travers le tragique accident qui a emporté, tout récemment, des nouveau-nés dans une clinique de maternité de la ville d’El Oued, il apparaît que le volet «sécurité des patients» dans nos hôpitaux est négligé pour ne pas dire ignoré. Une grave carence qui, malheureusement, vient s’ajouter à d’autres qui se révèlent au grand jour depuis quelques années, mettant ainsi à nu des défaillances mettant en péril la vie des malades, ou risquant d’en faire des handicapés à vie faute d’une mauvaise maîtrise des appareils médicaux spécifiques aux traitements de certaines pathologies. On ne compte plus les malades hospitalisés qui se sont retrouvés exposés à des radiations excessives ou victimes d’erreurs de dosages de médicament, dues le plus souvent à la non-conformité des appareils servant aux analyses médicales. Dans ce registre des anomalies, la liste est encore longue. Il est donc d’une importance vitale que le volet sécurité des patients dans nos hôpitaux et autres structures de santé, publiques ou privées, soit pris en considération par les responsables concernés sous tous ses angles. Chose d’une extrême importance, selon Samira Tabdji, consultante et formatrice en système électronique de gestion des usines de production pharmaceutique et des centres de santé spécialisés. Lors d’une conférence, en marge du Salon Maghreb Pharma, qu’abrite le Centre international des conférences d’Alger, du 1er au 3 octobre courant, sur le thème «Exigences générales sur les systèmes informatisés», elle n’a pas caché son inquiétude concernant la mauvaise gestion des appareillages et «les accidents générés par les défaillances observées au sein même de services de soins intensifs». Elle a souligné que «les bonnes pratiques au niveau des cliniques et des laboratoires ont de plus en plus tendance à disparaître et cela au grand détriment de nos malades». Toujours dans ce sillage, la conférencière estime qu’il est urgent de revoir le mode opératoire de la sécurité des patients dans nos hôpitaux «si l’on veut réduire à leur portion congrue les risques d’accidents». Concernant les entreprises chargées de ce volet, elle dira que le cahier des charges doit être des plus stricts «car on ne peut se permettre de mettre en danger les patients». Comme elle a recommandé «de procéder à la modernisation du système et à sécuriser les infrastructures devant le risque notamment d’incendie». La formatrice a, par ailleurs, insisté sur la nécessité de mettre en place des procédures qui permettent la traçabilité de tout acte médical et un système d’évaluation des risques. Elle dira en conclusion, qu’«il faut que nos patients se sentent en total sécurité tout au long de leur période d’hospitalisation. C’est un impératif».
Notons, enfin, que sa conférence a été suivie par un parterre de personnes de divers horizons. Les débats qui ont suivi ont surtout tourné autour de la problématique de l’évaluation des risques au sein des centres hospitaliers. Un intervenant a mis en avant le fait que «l’intérêt à porter au volet sécurité des patients est d’une importance vitale». Un autre ne manquera pas de signaler qu’«un incendie peut très vite se propager en l’absence de moyens de lutte, d’autant que le cloisonnement n’est pas fait pour stopper la propagation, outre l’inexistence d’issues de sortie d’urgence». En somme, c’est tout le système de la sécurité des hôpitaux qui doit faire l’objet d’une évaluation exhaustive. Sans quoi une tragédie comme celle d’El Oued peut se répéter. Ce qui serait déplorable.