La campagne de vaccination lancée samedi dernier en Algérie s’est poursuivie, hier, dans plusieurs wilayas du pays. C’est ainsi que Bouira, Annaba, Jijel, Tébessa et M’sila, entre autres, ont reçu les doses du vaccin Spoutnik V leur permettant de débuter la campagne vaccinale, après les wilayas de Blida, Alger, Tipasa, Boumerdès, Oran, Tlemcen, Constantine et Tizi Ouzou.

«Ce sont 20 wilayas, de toutes les régions du pays, qui sont concernées par la répartition du vaccin Spountik V, conformément au dispatching arrêté par le ministère de la Santé», a indiqué la directrice des apprivoisements à l’Institut Pasteur d’Algérie (IPA), Zoulikha Semai Benkedadra, dans une déclaration à l’APS. Elle a précisé que les lots destinés pour chaque wilaya ont été fixés «proportionnellement au nombre de leurs populations respectives et aux cas de contaminations au coronavirus qu’elles ont enregistrés».
Les expéditions annoncées vers ces wilayas ne sont que les premières en attendant l’arrivée d’autres quotas dans les prochains jours. C’est ce qu’on fait savoir les différents directeurs de la santé et de la population (DSP) au niveau local. A titre d’exemple, Tlemcen a reçu 965 doses, Jijel 500 doses, Constantine 1200 doses et Tébessa 700 doses, selon les chiffres disponibles annoncés par les DSP. A Alger, 1600 doses ont été libérées hier au profit des personnels du secteur de la santé.
Au vu des chiffres annoncés, des observateurs estiment que ces quantités ne sont pas suffisantes et cela induirait un «risque d’encombrement» au niveau des polycliniques et autres centres réservés à la vaccination. Ces derniers pourraient être submergés par des personnes voulant se faire vacciner ou venues pour prendre un rendez-vous. Les premiers quotas distribués dans les régions, estime-t-on, semblent maigres et il est clair qu’ils ne pourraient pas suffire à la population qui veut se faire vacciner. D’ailleurs, la plupart des personnes âgées, notamment celles souffrant d’au moins une maladie chronique, se disent «prêtes à recevoir le vaccin afin d’en découdre avec le coronavirus». Il semble que l’offre pourrait s’avérer moins importante que la demande.
A peine la vaccination entamée, et même si elle n’est pas obligatoire, nombreux sont, en effet, ceux qui affirment y adhérer. La question qui se pose est de savoir si les quantités de doses de vaccins réceptionnées jusqu’à présent peuvent-elle suffire à satisfaire la demande qui se fait, selon toute vraisemblance, grandissante aux premiers jours des opérations de vaccination. L’Algérie n’a, en effet, reçu que 100.000 doses constituées de 50.000 doses de vaccin russe Spoutnik V et de 50.000 autres du vaccin suédo-britannique AstraZeneka-Oxford. «Cela reste une quantité assez faible même pour débuter», selon un professionnel de la santé qui a tenu, toutefois, à rappeler que la vaccination est prévue pour durer une année. La quantité dont dispose le pays peut suffire à vacciner 50.000 personnes à travers le territoire national, sachant que chaque personne a besoin de deux doses, la deuxième devant être administrée trois semaines après la première.
L’Algérie ambitionne de vacciner 20 millions de personnes et a donc besoin d’acquérir 40 millions de doses – sur une période d’une année – pour arriver à administrer l’antidote au nombre qu’elle s’est fixé, soit un taux de 70% de la population qui lui permettra d’atteindre l’immunité de groupe.
Le porte-parole du Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie, Djamel Fourar, a affirmé lundi dernier, à l’occasion de la réception du vaccin d’AstraZeneka, que l’Algérie s’apprêtait à recevoir de nouvelles quantités de vaccins, sans donner plus de précisions. Avant lui, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Ammar Belhimer, avait également annoncé, lors de la réception du vaccin Spoutnik V vendredi dernier, que d’autres quantités de vaccins vont «arriver de Russie, de Chine, d’Inde et d’autres pays». Mais aucun échéancier d’arrivée ou quantité n’ont été précisés. Ce qu’il y a de certain, ou presque, c’est que «de nouvelles doses de Spoutnik V arriveront durant le mois en cours», a confirmé l’ambassadeur russe à Alger au courant de la semaine. Il y a également l’initiative Covax qui devrait fournir à l’Algérie 8 millions de doses de vaccins au cours du premier trimestre, mais il semble que cette dernière a du mal à garantir les doses qu’elle avait programmées dans le cadre d’une distribution «juste et équitable» aux pays les moins nantis, les pays riches ayant acheté des centaines de millions de doses…
Quoi qu’il en soit, «il est clair que les doses réceptionnées jusqu’à présent ne peuvent pas suffire même pour un début, si l’on considère l’adhésion à l’opération vaccinale observée», selon un professionnel de la santé, qui espère que de nouvelles quantités ne tarderont pas à arriver.