Les étudiants et les chercheurs ne sont pas forcément en vacances comme on pourrait le penser. Enfin, pas tous. Ceux du Centre national de recherche en biotechnologies (CNRBt), un centre sous l’égide de l’université 2 Abdelhamid-Mehri, ne chôment pas.
Sous la conduite du Pr Azioune Ammar, un collectif de chercheurs du CNRBt escompte mettre au point un kit de dépistage rapide du Covid-19. Rien que ça. Le CNRBt, qui englobe un nombre conséquent de chercheurs n’est pas inconnu dans le domaine des recherches médicales et de santé, puisqu’il a déjà bénéficié de la visite du nouveau wali de Constantine, qui espérait une aide du centre pour combattre le fléau du Covid-19. Avant la visite du wali, le Pr Azioune avait, il faut le noter, tendu la main à l’annexe constantinoise de l’institut Pasteur en proposant au Pr Khelifa Foudil un sérieux coup de main pour des analyses rapides pour les besoins de dépistage du CHU de Constantine.
Le Centre national de recherche en biotechnologie s’est donc mis à l’heure de l’entraide scientifique, mais ne s’est pas arrêté à ce niveau. Le Pr Azioune, que nous avons contacté «n’avait pas le temps», non pas par dérobade, mais plutôt parce qu’il coordonnait au téléphone une aide scientifique et médicale, en savoir-faire et en matériels qui se manifestera très tôt de nos médecins et scientifiques des Etats-Unis, d’Angleterre et de Belgique. Il promettra de nous rappeler, et il tiendra parole. «Nous allons développer prochainement, au plus tard deuxmois, un kit de dépistage au niveau de notre centre», nous dira notre interlocuteur. «Nous attendons l’arrivée de la matière première, pour commencer à développer notre projet. La première nouveauté est que le résultat sera rendu dans la demi-heure qui suit. Une fois le protocole optimisé, nous aurons des kits sur lesquels des bandelettes donneront un résultat très rapidement».
La technologie adoptée ne sera pas celle européenne, qui admet un test d’analyses sanguines, mais celle de M.I.T Berkley, une université américaine, qui consiste à se baser sur les acides nucléiques, ARN et ADN. «L’analyse sera beaucoup plus précise», notera le Pr Azioune. «Comme nous possédons le savoir-faire et le protocole, je pense qu’il nous sera aisé de reproduire toute cette technologie qui nous libérera un peu plus de la dépendance étrangère et donnera un outil d’analyses et de précision à nos hôpitaux qui pourront tester plus de personnes qu’ils ne le font maintenant, les résultats étant garantis, fiables et rapides», conclura note locuteur. Le CNRBt, qui a déjà donné un coup de pouce appréciable à l’annexe Pasteur de Constantine, en lui ouvrant toutes grandes les portes de ses labos pour les kits d’analyses, s’apprête donc cette fois à frapper «un grand coup» en mettant à la disposition des pouvoirs publics des outils sanitaires utiles, pas chers et très performants.
Alors, bon vent à l’équipe du Pr Azioune, et rendez-vous dans deux mois !