Le Centre d’études diocésain Alger a abrité, jeudi, une conférence dédiée à certains aspects de l’œuvre de Martin Heidegger, un penseur cité comme « l’un des principaux philosophes occidentaux du XXe siècle ».

Il a été le premier, du moins en Occident, à conceptualiser ce qui reste de l’étude de la phénoménologie, en déclarant dans un ouvrage, resté célèbre, intitulé Etre et temps, publié en 1927, que « la vérité ne résidait pas dans la proposition logique mais dans la chose elle-même ». La rencontre a été organisée dans le cadre de l’évènement « La Nuit des idées » par le réseau des instituts français dans une quarantaine de villes du monde avec pour objectif de promouvoir le débat et la libre circulation des idées en impliquant différents acteurs culturels et associatifs. Spécialiste de la philosophie occidentale contemporaine, et tout particulièrement de l’étude du travail des penseurs allemands, à l’image d’Emmanuel Kant, Friedrich Nietzsche ou Martin Heidegger, Naïma Hadj Abderrahmane, maître de conférences à l’université de Bouzaréah, qui a animé le débat, nous a expliqué en marge de la rencontre qu’elle orientait ses recherches vers d’autres philosophies. « Depuis quelques années, je m’intéresse à la philosophie d’Al Kindi (…) alors qu’auparavant, je ne m’étais spécialisée que dans la pensée de philosophes allemands, tels que Kant, Nietzsche ou Heidegger. » L’un des aspects importants de la rencontre, dont la thématique a été choisie et coordonnée jeudi entre la conférencière et les responsable de la bibliothèque du Centre, aura également été d’apporter un regard nouveau sur la pensée grecque que Heidegger a largement citée. «La lecture de Martin Heidegger m’a permis de découvrir la pensée grecque sous un autre angle (…) En fait, la philosophie grecque nous avait été enseignée à l’université d’une manière scolaire. C’est donc grâce à Heidegger que je me suis intéressée aux présocratiques, à Platon et surtout à Aristote (…)», dira Mme Hadj Abderrahmane. Elle ajoute : «Aujourd’hui, je partage et j’enseigne leurs textes à mes étudiants.» La rencontre a également permis de transmettre quelques notions de la pensée de Heidegger à un public visiblement très intéressé par le sujet. Il y a lieu de souligner que Mme Naïma Hadj Abderrahmane est également présidente du bureau d’Alger de l’Association algérienne des études philosophiques, présidée par le docteur Omar Boussaha. Une structure qui organise deux fois par mois des rencontres dédiées à différents sujets. La prochaine rencontre, prévue aujourd’hui au centre Mustapha-Kateb dépendant de l’Etablissement art et culture de la wilaya d’Alger, sera animée par l’auteur Amine Zaoui.