Le secrétaire général de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA), Salim Labatcha, a appelé à aller vers une élection présidentielle qui permettra au peuple de choisir ses responsables en toute transparence. Dans ce sens, l’UGTA « n’appellera pas dans cette nouvelle ère les travailleurs à voter pour quiconque des candidats comme par le passé », a-t-il assuré lors d’un regroupement régional avec les cadres syndicaux de 17 wilayas de l’Est du pays. Une assurance qui a tout d’une rupture avec le code de conduite imposé par son prédécesseur, Sidi Saïd, qui s’était distingué par un soutien à Abdelaziz Bouteflika à l’approche des élections qui avaient vu ce dernier prendre en main le destin du pays sur quatre mandats consécutifs. Pis encore, l’ex-secrétaire général de la plus puissante organisation syndicale du pays s’était de nouveau rangé aux côtés des partis de l’Alliance et autres organisations, acquises à l’ex-président Bouteflika, pour engager une nouvelle fois l’UGTA sur le terrain d’un cinquième mandat avant que le mouvement populaire ne se mette en branle et ne le fasse voler en éclats. Son successeur a, par contre, souligné, lors de la même rencontre d’hier, que le 13e congrès de l’UGTA de juillet passé a eu des répercussions positives sur cette organisation syndicale en ouvrant un «débat sérieux » sur la démocratie à l’intérieur de ses structures. Sur un autre registre, M. Labatcha est revenu sur le fardeau qui pèse sur les salariés à travers l’impôt sur le revenu global (IRG), sachant que celui-ci représente à lui seul 30% du revenu global du travailleur, alors que d’autres revenus, nettement plus conséquents, voire à valeur de véritable fortune, ne sont pas soumis au même régime d’imposition lorsqu’ils n’échappent pas carrément au contrôle du fisc. C’est pourquoi l’UGTA est montée au créneau, hier, pour dénoncer cette situation et appeler à une baisse de l’IRG. Une revendication inscrite dans le cadre de la nouvelle orientation de la centrale syndicale visant «l’équité face aux impôts», selon son secrétaire général Salim Labatcha. Qu’un simple travailleur verse plus de 30 % de son revenu à l’impôt relève de l’«inadmissible», s’est insurgé
M. Labatcha, estimant « injuste de bâtir l’impôt sur les salaires des travailleurs ». « La charge de l’impôt doit être répartie équitablement par l’établissement notamment d’impôts sur la fortune », a estimé l’intervenant, en relevant que cette revendication a été exprimée en permanence par des parlementaires lors de l’examen des projets de lois de finances, mais a été toujours rejetée. Cette mesure a été introduite de nouveau dans le projet de loi de finances 2020.