Au moins cinq combattants ont été tués dans un accrochage entre miliciens de groupes armés près de Birao, dans l’extrême nord-est de la Centrafrique, a-t-on appris mardi de sources concordantes. Des miliciens du Mouvement des libérateurs centrafricains pour la justice (MLCJ) ont tenté dimanche d’acheminer des caisses de munitions de chasse en provenance du Soudan, selon des sources humanitaires. Ils ont été arrêtés par des combattants du Front populaire pour la renaissance de Centrafrique (FPRC) dans le village d’Amdafock, à 60km au nord de Birao. «Nous avons interdit la circulation des armes et des munitions dans notre zone», a déclaré à l’AFP Abdoulaye Hissène, chef militaire du FPRC. Les éléments du MLCJ «voulaient traverser avec des cartons de munitions et ont été bloqués par nos agents. Du coup, ils sont partis se regrouper et sont venus nous attaquer sur des motos». Une version contredite par Ali Abderamane, chef d’état-major du MLCJ: «Les éléments du FPRC ont tenté de dépouiller nos hommes alors qu’ils se rendaient au marché d’Amdafock», a-t-il affirmé à l’AFP. Le bilan provisoire s’élève à 5 morts, dont 4 dans les rangs du FPRC, selon des sources humanitaires. «Le FPRC tient toujours cinq de nos hommes en otage. S’ils ne sont pas libérés, nous répondrons. Il y aura des représailles», a menacé Ali Abderamane. Malgré la signature d’un accord de paix de Khartoum, le 6 février, la situation sécuritaire reste particulièrement fragile dans le pays. Cet accord, signé par 14 groupes armés, prévoit notamment le désarmement des groupes qui mettent en coupe réglée les territoires en province. Selon l’ONU, entre 50 et 70 violations de l’accord de paix sont rapportées chaque semaine. Le 22 mai, au moins trente civils ont été tués par des éléments appartenant au groupe 3R, dans la région de Paoua, dans le nord du pays. Riche en ressources naturelles, la Centrafrique est déchirée par la guerre, qui a forcé près d’un quart de ses 4,5 millions d’habitants à fuir leur domicile.