Vingt-deux prétendants à la présidentielle prévue en décembre en République centrafricaine ont déposé leur candidature, a annoncé mercredi à l’AFP l’Agence nationale des élections (ANE) qui a clôturé la période de dépôt des dossiers. Le scrutin de décembre se déroulera dans un pays contrôlé aux deux tiers par les groupes armés et ravagé par la guerre civile depuis qu’une coalition de rebelles à dominante musulmane, la Séléka, a renversé le régime de François Bozizé en 2013. La Centrafrique a connu de terribles violences communautaires entre les forces de la Séléka et des milices «anti-balaka», majoritairement chrétiennes et animistes. Parmi les candidats déclarés figurent notamment le chef de l’État Faustin Archange Touadéra, élu en 2016 et qui brigue un second mandat, ainsi que son principal opposant l’ancien président Bozizé, revenu en Centrafrique en décembre 2019 après sept années d’exil. D’autres ténors de la vie politique centrafricaine, comme Anicet-Georges Dologuélé, Martin Ziguélé, Karim Meckassoua, Nicolas Tiangaye, et Catherine Samba Panza, présidente de transition entre 2014 et 2016, ont également déposé leur dossier. Parmi les 22 candidats figurent aussi les héritiers d’anciens chefs de l’État, à l’instar de Jean-Serge Bokassa, fils de l’empereur Jean-Bedel Bokassa (1966 à 1979), et Désiré Kolingba, fils de l’ancien président André Kolingba, ou encore Sylvain Patassé, fils de son successeur Ange-Félix Patassé. Quelle qu’en soit l’issue, le scrutin de décembre annonce peu de renouvellement de la classe politique : les principaux candidats ont tous exercé des responsabilités importantes dans les divers gouvernements qui se sont succédé dans ce pays miné par la corruption et le népotisme, jusqu’à la guerre civile de 2013. M. Touadéra fait pour l’instant figure de favori, face à une opposition divisée. Mardi, les représentants des groupes armés et des communautés du Nord-Est, une région délaissée par le pouvoir central qui a été le foyer de la rébellion Séléka et où se sont déroulés de violents affrontements entre milices rivales d’août 2019 à février 2020, ont signé un pacte de réconciliation sous l’égide du gouvernement et du Président de la République. Les groupes armés représentent une menace pour la sécurité des électeurs ou des candidats, malgré la présence de 12.000 Casques bleus de l’ONU, dans le pays depuis 2014. n