Organisée, dimanche dernier, par l’Agence algérienne pour le rayonnement culturel (Aarc), la célébration du Nouvel an amazigh « Yennayer 2970 », proposée tout au long de l’après-midi au public à la villa Dar Abdelatif, aura été l’occasion de montrer plusieurs aspects de la culture amazighe, ancienne et contemporaine.

Le programme a débuté par la diffusion du film de fiction «Tamachahut N Selyuna » réalisé en 2014 par Aziz Chelmouni, puis le vernissage de l’exposition de l’artiste plasticien Karim Sergoua et le concert des deux jeunes artistes Celia Ould Mohand et Bilal Mohri. La célébration du Nouvel an amazigh aura également permis au public d’assister à la présentation de l’ouvrage, publié par les éditions  Colorset, intitulé «Contes et légendes berbères d’Algérie», de Mohamed Benmeddour, chercheur en patrimoine, en histoire et ancien cadre du ministère de la Culture. L’auteur Mohamed Benmeddour, qui s’était déjà fait connaître, en 2018, avec la parution de l’ouvrage «Les fabuleux contes et légendes d’Alger», a repris le même concept en se penchant sur les origines du patrimoine immatériel amazigh. Mais aussi sur l’évolution et l’impact de ces contes et légendes populaires sur la société berbère, des histoires qui «portent très souvent une part de réalité».
Mohamed Benmeddour nous précise en substance, que l’écriture de ce nouvel ouvrage, de près de 200 pages, était pour lui une suite logique de son précédent ouvrage, en soulignant que «ce livre est une continuité de l’ouvrage sur Alger. Le terroir berbère est extrêmement riche (…) je me suis attardé sur l’histoire du peuple amazigh, mais c’est aussi celle du Maghreb. Et bien au-delà, le livre traite du Niger, du Burkina Faso et du Mali parfois». Ouvrage largement distribué en librairie,  il est composé de cinq parties principales traitant de l’alphabet berbère «le tifinagh», de la «langue berbère» comme l’une des plus anciennes de l’humanité, mais surtout sur une sélection de vingt-cinq «contes et légendes» ainsi que sur les «proverbes» et la «poésie». Son auteur insistera sur le caractère central de cette oralité dans la culture maghrébine, en affirmant : «Je pense que les légendes berbères portent en elles la véritable histoire de ce peuple, nous parlons d’une histoire dont les premières traces connues remontent au néolithique. Nous ne sommes pas nés hier.» Bien plus que des «légendes», dans le sens de récits purement imaginaires, les histoires recueillies et partagées par Mohamed Benmeddour sont donc «bien souvent basées sur un historique réel, avec une apparition que l’on peut dater et au-delà, il s’agit de patrimoines transmis au fil des générations et qui ont profondément impacté la vie quotidienne. J’explique par exemple comment certaines histoires se sont retrouvées dans le comportement des jeunes filles berbères, dans le contexte d’une société restée relativement refermée». Issu pour rappel de formation en histoire et archéologie, Mohamed Benmeddour, également connu pour sa carrière au ministère de la Culture, nous annonce, par ailleurs, qu’il travaille actuellement sur un troisième ouvrage, où il sera question cette fois  du patrimoine touareg. Il nous confie à  propos de ce nouvel ouvrage : «Je me dis qu’il faut continuer à explorer ce patrimoine. On parle de l’amazighité du Maghreb, il est donc naturel d’aborder également l’histoire des Touareg (…) J’explique la situation historique et ethnologique, le parcours de ce peuple qui était présent, dispersé du sud algérien jusqu’au Burkina Faso». Un texte, en cours d’écriture et qui devrait sortir dans quelques mois, espère l’auteur.