Les festivités séculaires d’«Ayred», célébrées à l’occasion du Nouvel an amazigh Yennayer, dans la commune de Beni Snous, étaient au programme de la clôture du Séminaire international sur l’architecture amazighe, mercredi dernier à Tlemcen. Ainsi, une sortie a été organisée au profit des participants dont de nombreux chercheurs universitaires, dans la commune de Beni Snouss, où ils ont pu assister à la célébration d’« Ayred ». A propos de cette manifestation, organisée par les villageois de la région, et ce depuis la nuit des temps, le docteur Abdelmadjid Djabour a tenu à mettre en exergue les similitudes de cette fête avec celle qui est organisée à la même date, dans les Aurès, et qui porte le nom de « Chaïb Achoura ». Cette fête auressienne a pour point commun avec «Ayred » le même esprit d’entraide, d’amour de la terre et de célébration de la bravoure des cavaliers berbères. Pour sa part, le docteur Zerdoum, qui a effectué des recherches sur «Ayred», souligne le côté artistique et festif de cette célébration ainsi que sa dimension africaine. En effet, «Ayred», qui signifie le lion, est notamment marquée par le défilé d’un carnaval, où les participants défilent derrière un homme déguisé en lion. Dans le cortège, plusieurs participants portent notamment des masques africains.
Le chercheur classe cette manifestation dans le répertoire du para-théâtral, en estimant que cela remonte certainement à des rites ancestraux païens. Ces rites marquent la célébration du début de l’année agraire et des coutumes de vœux pour que la terre soit féconde et donne de meilleures récoltes. Une autre hypothèse, soutenue par la nouvelle génération, veut que cette fête soit dédiée à la victoire du roi Chahchnak d’origine amazighe et qui a infligé une défaite à Ramsès en l’an 950 av. J.-C. Les habitants de Beni Snous ont tenu, lors de cette manifestation, à demander au Secrétaire général du HCA la possibilité de mettre les moyens logistiques qui permettront de perpétuer cette fête plurimillénaire. Si El Hachemi Assad s’est dit favorable et disponible pour la prise en charge de cette requête dès qu’une demande concrète sera déposée au sein de son institution, le HCA. Pour rappel, le riche programme initié par le Haut-commissariat à l’amazighité à l’occasion de la célébration du Nouvel an amazigh Yennar 2969, a débuté le 8 janvier passé, à partir de la ville de Laghouat sous le slogan «Racine, diversité et unité». Cette fête a été célébrée dans plusieurs wilayas à l’instar d’Aïn Djelfa, d’Oum El Bouaghi, d’Ilizi, de Souk Ahras, de Batna, de Béjaïa, de Naâma, de Boumerdès, d’Oran et d’Alger. Ces festivités ont notamment été marquées par des ateliers d’écriture en tifinagh, des projections de films en tamazight, des conférences et des ventes-dédicaces d’œuvres en tamazight, de transcription en tifinagh des frontons des édifices publics, ainsi que plusieurs expositions et parades populaires. (Nous y reviendrons plus longuement dans notre édition de jeudi)