Démonstration de force des étudiants, hier à Alger, où ils étaient des milliers à manifester pour la célébration de la Journée nationale de l’étudiant. Malgré le déploiement d’un dispositif sécuritaire renforcé à Alger, les étudiants ont trouvé le moyen de contourner les barrages installés au niveau de la Grande-Poste, l’APN et du Tribunal de Sidi M’hamed.

En effet, alors que l’accès au tunnel des facultés est interdit aux manifestants depuis déjà quatre semaines, les étudiants ont été surpris de découvrir que la route avait été fermée par des fourgons des forces anti émeutes au niveau des rues Asselah-Hocine et Zighout-Youcef pour empêcher les étudiants de se rapprocher de certaines institutions. Guère intimidés, les étudiants ont, comme à leur habitude, manifesté dans la bonne humeur en scandant les slogans habituels appelant au départ de tous les représentants du système, y compris le chef d’état-major qui en a eu pour son grade. « Silmia, silmia, massira toulabia », « Barakat barakat la liharb el issabat » (ça suffit ! non à la guerre des clans), « Bismilah Bismilah, yetnahaw bi idnillah », sont les slogans scandés hier à côté de l’incontournable « makach intikhabate ya issabate ». Pour la circonstance, les étudiants ont aussi rendu hommage à leurs camarades de 1956 en brandissant des pancartes sur lesquelles on pouvait lire des messages de remerciements. « Les étudiants 1956, une fierté, un exemple à suivre », écrit une jeune étudiante sur sa pancarte. « 1956, les étudiants contre les forces coloniales. 2019, les étudiants contre le système », sur une autre pancarte dont celui qui la brandissait n’a pas hésité à faire le parallèle, pour souligner que l’engagement des étudiants pour la cause nationale ne date pas du 22 février. « Nos aînés nous ont montrés la voie. Maintenir la mobilisation et participer à la construction d’une nouvelle république n’est qu’une manière de faire honneur à l’héritage légué », a déclaré Farida, étudiante en psychologie à la faculté Alger 2. Malgré les barrages installés dans la capitale, les étudiants ont réussi à se faufiler entre les ruelles et sont parvenus à se rassembler en face de l’APN et le tribunal de Sidi M’hamed face auquel ils ont appelé à une justice indépendante. A Sidi Bel Abbès, les étudiants de l’université Djilali-Liabès ont organisé une marche pacifique qui a pris départ depuis la faculté centrale jusqu’au campus universitaire. Une marche à laquelle ont participé les étudiants des différentes facultés et de l’Ecole supérieure de l’informatique, pour manifester leur refus de la situation actuelle du pays et le changement radical de la scène politique et de la situation sociale. Ils ont scandé les mêmes slogans qui reviennent le plus souvent lors des manifestations de rues depuis le 22 février dernier. A Constantine, les étudiants se sont aussi fait entendre à l’occasion de leur journée nationale en organisant une imposante marche. Pareil à Skikda où ils étaient aussi des milliers à sortir dans la rue pour exiger un changement radical et une transition démocratique.
A El Tarf, les étudiants de l’université Chadli-Bendjedid ont créé l’évènement hier en repoussant les autorités locales lors de la célébration de la Journée nationale de l’étudiant aux cris de « Klitou leblad, yassarakine ». Les étudiants ont posé leurs problèmes pédagogiques et réclamé la reconsidération de l’université algérienne. A Tlemcen, les étudiants ont également marché, mais auparavant, ils ont fermé la bibliothèque centrale Dr Abdelmadjid Meziane d’Imama relevant de l’Université Abou Bekr Belkaïd où devaient se dérouler les festivités officielles en présence du wali, du recteur et du directeur des moudjahidine.<