Victorieuse du NC Magra en finale de la Coupe de la Ligue dans un contexte tragique et tendu, la JS Kabylie n’a pas franchement savouré le28e titre de son histoire. Pire, l’effectif a explosé et l’entraîneur a démissionné. C’étaient les conséquences d’une finale de Coupe de la Ligue qui a provoqué la discorde avant sa tenue et des divorces après.

Par Mohamed Touileb
Encore une fois, le président de la JS Kabylie a détruit ce qu’il bâti. Après 10 ans d’attente et la victoire en Coupe d’Algérie en 2011, les « Canaris » ont pu renouer avec les consécrations domestiques. Le 10 juillet dernier, ils avaient frôlé l’exploit avec une finale de la Coupe de la Confédération CAF, venue clôturer un parcours que personne n’attendait, perdue contre le Raja Casablanca (2-1).
Cependant, le fantasque Mellal et sa gestion avec l’esprit de « clubard » ont encore mené les « Lions de la Djurdjura » à la dérive. Tout a commencé avec la décision de jouer la finale de la Coupe de la Ligue prise d’une manière unilatérale par le premier responsable de la JSK. Les joueurs ne comprenaient pas trop la démarche. D’autant plus que la Fédération algérienne de football (FAF) avait proposé de reporter le match et que l’adversaire était d’accord.

Impulsivité destructrice
Le jour où la rencontre s’est tenue, Tizi-Ouzou combattait les feux et des gens vivaient un véritable calvaire. Naturellement, nombreux supporteurs n’ont pas cautionné le fait que leur équipe ait décidé de se produire alors que des habitants de la région traversaient des moments durs face à des feux ayant fait plus de 150 morts entre civils et militaires. D’ailleurs, ce qu’il faut savoir c’est que les camarades de Walid Bencherifa ont même pensé à ne pas revenir sur le terrain à la pause en guise de protestation. Ils ont fini par décrocher une victoire héroïque avec une égalisation dans le temps mort des prolongations. Le sacre a-t-il apaisé les tensions ? Pas vraiment, lors de la séance de reprise, Mellal et l’entraîneur Denis Lavagne ont failli en venir aux mains. L’employeur a même proféré des mots pas très « classes » envers le driver l’accusant d’avoir monté les joueurs pour boycotter l’explication contre la Nadjm. Et comme si cela ne suffisait pas, le successeur de feu Mohand-Chérif Hannachi à la présidence a déversé sa colère sur Benchaïra et ses camarades en lançant : « celui qui n’est pas satisfait, il n’a qu’à plier ses bagages ». Ce à quoi le défenseur a répondu : « Je ne suis pas content, je vais partir pour ma part.»

Dumas – Lavagne : même sort
Sur un coup de colère, pour une affaire de primes (le président de la SSPA a voulu tout reverser en guise de solidarité sans l’accord total des joueurs), Mellal a saccagé le nid des « Canaris » avec sa main. Au lieu de garder l’ossature, il a tout simplement saboté un groupe qui donnait l’air de bien vivre ensemble et avoir un potentiel pour réaliser une saison 2021-2022 prometteuse. Surtout quand on sait que le team de la Kabylie a joué sur 3 fronts jusqu’au mois de juillet dernier. Comme ce fut le cas avec Franck Dumas, contraint de partir après avoir terminé 2e du championnat en 2019-2020, Lavagne a connu le même sort.
Mellal ne semble pas avoir un projet à long terme. Et il l’a prouvé par deux fois en précipitant le départ de deux techniciens de qualité. Aujourd’hui, Dumas et aux rênes techniques du TP Mazembe alors que Lavagne a déjà été repris par l’USM Alger.
L’entraîneur Français s’est mis d’accord avec les Usmistes pour un « contrat objectifs » de deux ans. Il devra assurer une participation en compétition africaine dès la première année et jouer au moins la finale de Coupe d’Algérie. Selon une source digne de foi, l’annonce est prévue dans les prochaines heures. Somme toute, Mellal a perdu très gros en remportant une coupe. n