Par Khaled Remouche
Les signaux sont au vert. Mais le gouvernement estime que la hausse importante des prix se poursuivra en 2022. En juin, l’indice des prix à la consommation était de plus de 9%. Par ailleurs, l’exécutif peine dans ses efforts d’intégration de l’informel.
Dans ce texte de 58 pages, dont Reporters détient une copie articulée autour de cinq chapitres dont l’un intitulé «une relance et le renouveau économique», le gouvernement fait état de l’amélioration de la situation financière du pays à fin juillet 2022. Il n’occulte pas la tendance à la forte hausse des prix actuelle en Algérie, plus de 9% en juin 2022 dans le sillage de l’inflation mondiale, effet du déclenchement du conflit Russie-Ukraine, mais n’explique pas certaines contre-performances et certains grands retards dans la mise en œuvre de mesures importantes du plan d’actions devant être exécutées ou dont l’application devrait être bien avancée durant la période soumise à évaluation, à savoir de septembre 2021 à août 2022.
En introduction de ce document, qui doit être présenté chaque année à l’APN suivant la nouvelle Constitution, en un mot qui correspond au bilan annuel du gouvernement, l’exécutif affiche des indicateurs macro-économiques au vert.
Citons l’excédent de la balance commerciale qui se chiffre à 8,89 milliard de dollars. Les exportations hors hydrocarbures ont crû de + 87%, 3,92 milliards de dollars à fin juillet 2022 contre plus de 2 milliards de dollars à fin juillet 2021. Ils ont dépassé les 4 milliards de dollars à août 2022. Ces exportations avaient atteint la barre des 5 milliards de dollars en 2021. L’objectif à atteindre l’année en cours est, rappelons-le, de 7 milliards de dollars.
Le gouvernement estime que le prix du baril algérien sera en moyenne de 104 dollars en 2022 contre 71 dollars en 2021 et 42 dollars en 2020. Les exportations d’hydrocarbures pourraient atteindre 50 milliards de dollars l’année en cours. Il est prévu une production d’hydrocarbures en hausse : 190 millions de tonnes équivalent pétrole (TEP) contre 186 millions de TEP en 2021. En matière de réforme bancaire financière, dans le chapitre «pour une relance et un renouveau économique», le texte met en relief les actions réalisées, démarches et accomplissement des formalités d’agrément pour une banque publique en France, des filiales de banques dans la zone de l’Union économique et monétaire de l’Afrique de l’Ouest, notamment au Sénégal, et une banque qui sera créée par les banques publiques en Mauritanie, la préparation de l’introduction en Bourse de deux banques publiques et la transformation de la CNL en une banque dédiée à l’habitat qui sera agréée par le Conseil de la monnaie et du crédit avant la fin de l’année, l’élargissement du réseau bancaire et des assurances respectivement de 1 646 agences à 1 692 agences bancaires et l’ouverture de 170 nouvelles agences des assurances portant le nombre d’agences à ce réseau à 3 416 agences. Le document n’aborde pas les mesures de fond dans cette réforme : l’amélioration de l’accueil et des services, l’amélioration de la capacité d’intermédiation, les systèmes d’information, l’amélioration de la gouvernance à travers un conseil d’administration dans les banques publiques ouvert aux experts et spécialistes du domaine. Le document indique implicitement que le cadre juridique concernant le partenariat public-privé n’est pas prêt, alors qu’il est important pour enclencher la mobilisation de financement extra-budgétaire pour les grands projets d’infrastructures.
Concernant la réforme fiscale, le gouvernement fait état de l’identification de 50 % de la population fiscale. Ce qui veut que l’autre moitié est dans l’informel. Concernant ce point, le texte indique que 26 000 intervenants sur le marché ont été intégrés dans le secteur formel. Ce qui signifie que les progrès en une année dans l’intégration de l’informel sont fort modestes.
Nouvelle loi sur les hydrocarbures, tous les textes d’application ne sont pas finalisés : 36 textes sur 39 finalisés dont 3 pas encore. Concernant la nouvelle loi sur les hydrocarbures, le gouvernement reconnaît que tous les textes ne sont pas finalisés : 36 sur 39. Ce qui est fort étonnant quand on sait que la nouvelle loi sur les hydrocarbures a été promulguée vers la fin 2019.
Le texte, enfin, comme à l’accoutumée présente dans certains secteurs les réalisations sous l’angle quantitatif et non sous les aspects qualitatifs, notamment celles du secteur du BTPH avec ces omissions sur les grands retards notamment dans la réalisation des pénétrantes autoroutières et dans l’achèvement du dédoublement et de l’électrification de tronçons importants de voies ferrées de la rocade nord, des travaux dont l’achèvement était prévu il y a cinq ou dix ans. n