Mourir et souffrir du cancer n’est pas une fatalité. Certes, dans le contexte algérien, c’est trop facile à dire, mais il faut l’écrire et le dire à chaque fois que l’occasion se présente. La situation est devenue invivable pour de très nombreuses familles qui se sentent totalement abandonnées. D’ailleurs, utiliser le verbe «sentir» ici n’est même pas adéquat. Il est tout simplement question d’un abandon d’une frange de la population.
Le sujet n’est pourtant pas nouveau. Depuis de nombreuses années, les spécialistes et les familles des malades ne cessent de crier au manque flagrant des médicaments, sans que du concret soit réalisé dans l’amélioration des conditions. Le président de la Société algérienne d’oncologie médicale, le Professeur Kamel Bouzid l’a rappelé encore une fois dans l’entretien publié dans l’édition de «Reporters» de ce dimanche. Il indique bien que les médicaments de base pour le traitement des patients atteints de cancer sont en rupture depuis six mois. Certains pourront rétorquer qu’il ne s’agit que d’une courte période et qu’il ne faut pas oublier l’impact du Covid-19 sur tous les pays. Ce n’est pas faux. Toutefois, c’est juste un des très nombreux dysfonctionnements dans le traitement de cette terrible maladie.
Comment ne pas évoquer les délais insupportables pour la prise de rendez-vous pour les séances de traitement de radiothérapie ! Au fil des mois, et des années, c’est devenu même une «normalité» de vivre cette attente ô combien douloureuse pour les malades et pour tous leurs proches.
Attendre en douleur, tout en courant dans tous les sens pour essayer d’avoir un petit répit, juste petit, celui de rapprocher la date. Est-ce acceptable ? bien-sûr que non. La santé n’est pas un luxe. C’est le droit de chaque citoyen.
Malgré cet état des lieux, le cancer est loin d’être au centre des débats. En cette période électorale, et de vacarme politique, il y avait peut-être un petit espoir que les «visibles» puissent entendre les cris de détresse des invisibles qui sont réellement dans le besoin. Mais, hélas, encore une fois, les intérêts de certains sont toujours loin des nécessiteux.