La sortie médiatique du ministre de la Santé, hier, était très attendue. Son impact n’est pas encore perçu, mais il était plus qu’urgent que le premier responsable du secteur fasse une intervention, même si cela n’allait pas changer grand-chose sur le terrain. Dans tous les cas, pas immédiatement. Mais, c’était plus qu’une urgence d’entendre ce membre du gouvernement à un moment où les critiques fusent de partout à cause de cette ubuesque crise d’oxygène qui restera une tâche noire dans l’histoire du pays. A défaut d’O2, les Algériens avaient besoin d’être rassurés. Le sont-ils depuis ? Difficile de répondre par l’affirmative, surtout que les cris de détresse sont toujours omniprésents. Cependant, quel que soient ses arguments, Abderrahmane Benbouzid ne pourra jamais convaincre la population, tel qu’il l’a affirmé hier, de l’inexistence d’une pénurie d’oxygène médical. La pression et l’effet surprise du variant Delta ne peuvent pas, à eux seuls, expliquer la catastrophe qui a frappé tant de familles algériennes, et dont les retombées se feront sentir pour très longtemps encore.
Même s’il ne l’a pas avoué directement, il est clair (sauf pour les aveugles et pour ceux qui ne veulent pas voir) qu’il s’agit surtout d’un problème de système sanitaire. La gestion en temps de crise a été une bataille perdue par tous les responsables du secteur de la santé. Le résultat est là. Il suffit de faire un tour au niveau des morgues et des cimetières pour être établi sur la gravité de la catastrophe qui a touché l’Algérie, et qui n’est pas encore finie.
Mais encore une fois, l’urgence, maintenant, est de trouver des solutions pour arrêter cette «hémorragie» qui frappe le pays. L’inquiétude est trop grande, et présente partout, pour se concentrer sur le plus important, sauver le maximum de vies. Sur ce point, et toujours selon le ministre de la Santé, le confinement partiel, de 20h, instauré depuis le 26 juillet dernier, semble donner de bons résultats, en précisant que lors des dernières 72 heures, une diminution du nombre d’infections a été constatée. Quelques heures plus tard, son propre département donnait les chiffres de la situation épidémique lors des dernières 24 heures, et c’était loin d’être rassurant. Il était question d’une augmentation des contaminations. 1358 nouveaux cas, soit plus de 186 que la veille. Rien n’est fini…

PS: L'image d'en haut représente l'œuvre publiée sur la couverture du l'essai d'Albert Camus "L'homme révolté"