Le Centre culturel algérien de Paris organise et abrite un hommage à Hamid Nacer-Khodja, le jeudi 12 janvier à partir de 18h30. Une table ronde, des lectures poétiques, un débat animé par l’universitaire Guy Dugas et une projection sont au programme de cette soirée où le souvenir du poète et universitaire qui a consacré l’essentiel de son travail de chercheur à Jean Sénac.


Poète, universitaire et critique littéraire, maître de conférences à l’université de Djelfa, Hamid Nacer-Khodja est décédé le 16 septembre 2016, des suites de maladie, à l’âge de 63 ans. Il a laissé une œuvre remarquable de critique littéraire et de poète. Un hommage lui sera rendu, le jeudi 12 janvier au Centre culturel algérien de Paris, et réunira des universitaires et artistes, pour revenir sur son œuvre et son apport en tant que chercheur discret et exigeant, et dont la démarche de faire vivre l’œuvre de Sénac au présent relevait presque de la vocation. «En préférant l’université à la haute administration, Hamid Nacer-Khodja a offert à l’Algérie un chercheur de haut niveau : après la décennie noire, les départements de français de l’université algérienne revivaient, son rôle au sein des instances de coopérations universitaires et culturelles a été essentiel. Ses enseignements à l’université nouvelle de Djelfa et à l’ENS de Laghouat font date. Ses travaux sur Jean Sénac, Albert Camus et plus largement la poésie algérienne font autorité dans le monde entier», est-il mentionné dans la présentation de cette soirée-hommage. Les organisateurs soulignent également qu’«en préférant l’université à la haute administration, il a aussi recouvré sa vocation première, que Jean Sénac avait très tôt découverte en lui : celle d’un écrivain (Jumeau ou un bonheur pauvre, éd. El Kalima) et d’un poète (La Profonde terre du verbe aimer, ed. Lazhari Labter). Écriture et poésie, Sénac et Camus, université et coopération, amour de la langue arabe et expression en français… c’est donc de tout cela qu’il sera question lors de cette soirée d’hommage». Une table ronde sous l’intitulé «La poésie algérienne, J. Sénac, A. Camus… Hamid Nacer-Khodja, une vocation», réunira les universitaires Denise Brahimi et Agnès Spiquel, l’écrivain René Ceccatty et le neveu du défunt, Mehdi Nacer-Khodja. Après des lectures poétiques par Eglantine Jouve, un débat sera animé par l’universitaire Guy Dugas, qui a été le directeur de thèse de Hamid Nacer-Khodja et avec lequel il partageait une amitié de plus de 35 ans. Au programme de cette soirée également, la projection d’une vidéo sur le défunt avec un texte de l’artiste peintre et poète Hamid Tibouchi, lu par la comédienne Danielle Catala. Né en 1953 à Lakhdaria (Bouira), Hamid Nacer-Khodja était un énarque qui a travaillé dans la fonction publique et a exercé des responsabilités au sein de l’administration avant de devenir directeur de l’Institut des lettres et des langues au centre universitaire de Djelfa. Il était le grand spécialiste de l’œuvre de Jean Sénac, qui était aussi son ami. A Sénac, il a consacré plusieurs ouvrages, dirigeant le «Tombeau» pour Jean Sénac, aux éditions Aden, ainsi qu’une thèse de doctorat, la première en littérature française et comparée sur le poète, remaniée et publiée aux éditions El Kalima, sous l’intitulé «Jean Sénac, critique algérien». Hamid Nacer-Khodja, dont un hommage lui a été rendu par l’Institut français d’Alger lors du dernier Salon international du livre d’Alger (SILA), a également réuni, en 1999, tous les recueils publiés de Sénac en un seul volume critique. Il a travaillé dans la revue littéraire «Livrescq» et était directeur de collection aux éditions El Kalima. Chez cet éditeur est sorti à titre posthume, lors du dernier SILA, son roman «Jumeau, ou un bonheur pauvre».