En 2018, plus de 20 personnes ont perdu la vie dans des catastrophes naturelles de grande ampleur et les dégâts matériels sont évalués à plus de 50 milliards DA.
Les catastrophes naturelles sont aujourd’hui en augmentation. Qu’elles soient de cause naturelle ou humaine, tels les incendies, les séismes, la sécheresse et les inondations, elles ne peuvent être évitées, mais le nombre de décès et de dégâts qu’elles engendrent peut être considérablement réduit.

En effet, à l’occasion de la célébration de la Journée nationale de la commune, jeudi dernier au siège de la Wilaya d’Alger, le Délégué national aux risques majeurs au ministère de l’Intérieur, des Collectivités locale et de l’Aménagement du territoire, Tahar Melizi, a indiqué que « les dégâts causés par les catastrophes naturelles dans les différentes régions du pays en 2018 s’élevaient à 53 milliards DA ». Il a affirmé que l’Algérie avait connu, les deux dernières années, des catastrophes naturelles dangereuses, à l’image des inondations, des tempêtes et des incendies de forêt qui ont provoqué d’importants dégâts matériels et humains», ajoutant, dans ce sens, qu’en 2018, « ces catastrophes naturelles ont fait 23 morts et des dégâts de l’ordre de 53 milliards DA».
Manque de prévisions
Dans un autre chapitre, le responsable a révélé de nombreux manquements aux règles de bonne gouvernance et de gestion des catastrophes. En effet, il a reconnu qu’en « dépit des mesures initiées et la mobilisation de tous les moyens humains et matériels nécessaires, ces catastrophes ont révélé un déficit en matière de prévision et de gestion de ces phénomènes ». Rappelant les mesures prises par l’Algérie pour faire face à ces dangers, notamment le «renforcement du cadre législatif et les projets de développement», Melizi a mis l’accent sur la nécessité de rattraper le retard en matière de gestion de catastrophes à travers le parachèvement du cadre juridique, le renforcement des institutions concernées, la formation des responsables et la sensibilisation des citoyens. Pour le Délégué national aux risques majeurs, la prochaine étape dans la gestion des risques exige « l’actualisation de la stratégie nationale en la matière, le parachèvement des plan sectoriels, l’élaboration de stratégies locales et un travail sérieux de la part des responsables en charge de la mise en œuvre de cette stratégie», soulignant, dans ce cadre, que « les responsables locaux ne sont pas préparés pour remplir ces missions». «La majorités des textes de loi relatifs à la lutte contre les risques majeurs sont dépassés », a indiqué M. Melizi, appelant à l’adaptation de ces lois et au renforcement des capacités des collectivités locales en la matière. Par ailleurs, parmi les quatorze risques majeurs répertoriés par l’ONU, le risque d’inondations en Algérie fait partie des dix risques majeurs répertoriés sur le territoire et cités par la loi 04-20 du 25 décembre 2004 relative à la prévention des risques majeurs et la gestion des catastrophes. Il est en deuxième position après les séismes et les risques géologiques dans le classement national des risques majeurs, vu l’ampleur des dégâts matériels et immatériels engendrés.
F. D