Le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire : «30 milliards de dinars dépensés par l’Etat» pour faire face aux sinistres. L’urbanisme anarchique, le vieux bâti non rénové et le non-respect des règles de lotissement et de l’aménagement à l’origine de pertes humaines et des nombreux dommages… Comme cela a été le cas après le dernier séisme qui a ébranlé Béjaïa et sa région.

Par Sihem Bounabi
Le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire, Kamel Beldjoud, a affirmé, hier, lors de son allocution lors du Colloque national sur la stratégie de prévention et de gestion des risques majeurs, que «l’Etat a dépensé plus de 30 milliards de dinars en 2020 pour faire face aux catastrophes majeures et indemniser les personnes sinistrées». Il a également souligné que l’une des raisons de l’aggravation des conséquences des catastrophes majeures, en Algérie, est la forte densité urbanistique dans les villes et les quartiers avec des bâtiments anciens fragiles et des constructions anarchiques. Sur ce dernier point, il a notamment cité les constructions anarchiques sur les bords des oueds et dans des zones à risques.
Le ministre a également tenu à préciser que les catastrophes majeures ne se limitent pas aux incendies, inondations et séismes, mais que l’Algérie a classé au moins 10 types de catastrophes majeures, à l’exemple des catastrophes sanitaires, industrielles et environnementales. Il a dans ce sillage mis en relief la faiblesse du système d’assurance algérien contre ce type de catastrophe.
Kamel Beljoud a, par ailleurs, mis en exergue l’un des maillons faibles de la gestion de ces catastrophes qui est le volet juridique, et plus précisément celui de la loi 024 datant de décembre 2004, en rappelant que sur 30 textes juridiques, seuls 4 décrets ont été approuvés et mis en application. Il estime ainsi que le fait de ne pas publier ces textes juridiques entrave le travail des différents intervenants en termes de prévention mais, également, d’intervention dans le cas de catastrophes. Kamel Beldjoud a également relevé, lors de l’ouverture de ce colloque, les nombreuses failles constatées dans la gestion des catastrophes majeures à cause, notamment, d’un manque de coordination entre les différents secteurs. Le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales a ainsi souligné la nécessité d’activer les travaux de la Commission nationale des risques majeurs, avec une vision prospective des catastrophes naturelles.
Organisé sous le thème «Une approche participative et intégrée», ce colloque de deux jours verra la participation de 60 experts représentant 12 secteurs ministériels en sus de 30 autres relevant d’entreprises et d’instances spécialisées. Les travaux de cette conférence seront répartis sur quatre ateliers, la prévention des risques majeurs, la prévision, la gestion des catastrophes et des risques majeurs et la phase de rétablissement et le retour à la normale.
A cette occasion Kamel Beldjoud a affirmé que «cette rencontre sera sanctionnée par des recommandations efficaces et précises qui seront traduites sur le terrain par les pouvoirs publics, tout en mettant en place un organe permanent de suivi dans l’objectif de les mettre en œuvre à même d’aplanir les difficultés».