L’Algérie a besoin de mettre à disposition un plus grand nombre de lits avec oxygène pour répondre aux besoins qui s’expriment et parer à une éventuelle demande qui pourrait être plus importante, a indiqué, hier, le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Abderrahmane Benbouzid. Ce qui confirme les déclarations de nombreux médecins ces derniers temps, selon lesquels il y a plus de patients qui développent une forme grave de la maladie de coronavirus (Covid-19).

Le nombre de malades en réanimation a augmenté et nécessite donc plus de lits avec oxygène, d’où la nécessité de trouver de nouvelles structures dotées de ces moyens pour pallier l’insuffisance dans les hôpitaux. «Une nouvelle structure sera rapidement aménagée, ce lundi, pour recevoir un certain nombre de lits avec oxygène», a fait savoir le Pr Benbouzid sans donner plus de détails, après avoir rappelé la mise à disposition au profit du secteur de la santé d’une structure militaire dotée de «120 lits avec oxygène» qui, pour l’heure, «ne sont pas encore utilisés», a-t-il précisé, en marge de sa visite dans les structures hospitalières de la wilaya de Boumerdès, à savoir les hôpitaux de Thénia et de Bordj Ménaïel.
Se voulant rassurant, il a affirmé que «nous ne sommes pas dans un état de stress total par rapport aux lits de réanimation, car il y a encore de grandes salles qui peuvent être utilisées en cas de besoin, comme celles de la Safex» à Alger. Même s’il s’est abstenu d’être alarmiste, notamment par rapport aux patients qui présentent des formes bénignes de la maladie, notant que la majorité sont traités en ambulatoire, le Pr Benbouzid laissera toutefois apparaître une certaine inquiétude quant aux cas graves. «Nous avons besoin de lits avec oxygène, c’est cela la réanimation aujourd’hui qui n’est plus conventionnelle. Le gros problème, c’est les lits avec oxygène», a-t-il lâché au niveau de l’hôpital de Thénia qui a bénéficié d’un deuxième appareil de tests PCR. Il fera savoir qu’il y a «un plan pour aménager de grandes salles avec des cloisons pour y mettre rapidement des lits et de l’oxygène».
«Nous sommes prêts avec l’espoir et le souhait que nous n’arriverons pas à cette situation», a-t-il déclaré, mettant en exergue que «les médecins maitrisent la situation actuellement» et qu’il y a une certaine «expérience acquise» après les premiers mois de l’épidémie, en plus du fait que «la période d’accalmie a permis de redresser les erreurs, que ce soit au niveau local ou national».

Pour une meilleure coordination entre les hôpitaux
Le ministre s’est, par ailleurs, penché sur un autre problème, celui des hôpitaux pleins. «ll y a une meilleure organisation et il faut aller maintenant vers une plus grande coordination entre les hôpitaux.» Quand un malade se présente par exemple à l’hôpital de Thénia et qu’on lui dit il n’y a pas de place, alors qu’il y en a à Bordj Ménaïel, à quelques kilomètres à peine, «ce problème ne se poserait pas s’il y avait une coordination entre les hôpitaux», a-t-il dit. Il préconise, dans ce sens, que la direction du premier hôpital prenne attache avec le second pour coordonner avec lui dans le but d’une meilleure orientation et d’une prise en charge rapide des malades qui pourraient se présenter, sachant que l’hôpital de Bordj Ménaïel dispose de «120 lis vides» pouvant recevoir les cas de Covid-19 lorsque le besoin de fait ressentir.
«Avec une meilleure organisation et une meilleure coordination, il n’y aurait plus de problèmes de ce genre», a-t-il insisté. Dans ce sens, il est utile de noter que les médecins exerçant dans des hôpitaux qui recevaient un grand flux de malades avaient, à maintes reprises, appelé à corriger le dysfonctionnement concernant la répartition des malades dans les hôpitaux. Des appels qui datent au moins depuis le pic de l’été dernier où des hôpitaux s’étaient retrouvés submergés par les malades Covid, comme l’EPH de Boufarik, alors que d’autres avec une capacité supérieure n’avaient réservé que quelques services aux malades Covid et parfois moins de 10% de leur capacité.

Le dossier du vaccin en étude la semaine prochaine
Abordant le dossier relatif à l’acquisition du vaccin anti-coronavirus, le Pr Benbouzid a révélé que celui-ci sera étudié la semaine prochaine pour pouvoir faire un choix adéquat. Il s’agira probablement, dans un premier temps, de définir une short liste par rapport à toutes les données diffusées par les fabricants qui sont à 95% d’efficacité de leurs vaccins, puisque l’Algérie a opté pour une démarche «prudente» et ne veut surtout pas se précipiter. A ce titre, le Pr Benbouzid a affirmé que l’acquisition du vaccin anti-Covid-19 prendra le temps qu’il faudra et que la prudence est de mise face à la multitude des vaccins annoncés. Tout en assurant s’appuyer sur «les compétences nationales» pour décider du vaccin à commander, il a réitéré l’engagement des pouvoirs publics à «faire le choix du meilleur vaccin pour la population, sur les plans du coût, de la qualité et du risque».
Par ailleurs, il a annoncé que les tests antigéniques rapides, nécessitant une enveloppe financière conséquente et toute une procédure qui prend du temps, seront bientôt importés en quantité suffisante. Leurs prix sont dix fois moindres que ceux de la PCR, a-t-il fait savoir.
Abordant la situation épidémiologique, il a estimé que «nous sommes toujours dans une proportion élevée des cas» et que «la courbe est maintenant dans une phase plateau», soulignant que «c’est dans la capitale et une ou deux autres wilayas qu’on continue d’enregistrer le plus de cas».
Pour le ministre de la Santé, «la situation épidémique est maitrisée» et tous les moyens en termes de lits et d’oxygénation sont disponibles afin de répondre au mieux aux besoins. Il reste optimiste et espère voir la courbe fléchir dans les jours à venir en raison du fait que les gestes barrières semblent un peu mieux respectés.