Impatients de décrocher un poste d’emploi qui corresponde à leur diplôme universitaire, parfois obtenu depuis de longue date, ils étaient des centaines de jeunes, filles et garçons, venus des quatre coins du pays avec plusieurs exemplaires
de leurs CV en main à se bousculer à l’ouverture du Salon national «Carrefour de l’emploi et de la formation».

Une fois les portes ouvertes du pavillon abritant la 14e édition, qui se tient depuis hier et jusqu’au 29 janvier, au Palais des expositions des Pins-Maritimes (Safex /Alger), les stands des entreprises et administrations en quête de compétences et de nouvelles recrues ont été très vite pris d’assaut, rendant difficile la circulation dans les allées. C’est du moins ce que nous avons pu constater lors de notre passage aux premières heures de l’ouverture du Salon. Mais c’est surtout au niveau des stands des banques et compagnies d’assurances privées que les attroupements étaient plus remarqués. Les jeunes laissaient voir des signes d’empressement à vouloir remettre leur CV et redoutant tout autant un refus justifié qu’il ne répond pas au profil recherché. C’est le cas de ces jeunes filles de la ville de Blida que nous avons pu approcher et dont l’une d’elles a un master en communication et l’autre en langue étrangère. «Dans aucun des stands où nous sommes passés nos CV ont été acceptés pour étude», nous ont-elles fait savoir. D‘autres jeunes possédant des diplômes en commerce international et gestion d’entreprise, originaires de Constantine et de Batna, rencontrés près du stand de la «Trust Banque», nous ont lâché tout de go : «Notre profil ne répond pas aux besoins de cette banque.» L’un d’eux nous lançant «quand le diplôme exigé correspond à celui que nous possédons, on vous sort l’expérience. Comment peut-on en avoir dès lors où l’on a jamais exercé ?» Mais le cas du jeune d’Oran, bardé de cinq diplômes et non des moindres «puisque tous en relation avec des secteurs d’activités demandeurs d’embaûche», nous a fait savoir que «le plus récent de mes diplômes date de 2014. Depuis, je n’ai pu obtenir aucun poste malgré les tests que j‘ai passés mais sans réponse positive», regrette-t-il. Ce dernier nous affirme que «malgré tous ces déboires, je reste optimiste quant à arriver enfin à signer un contrat de travail en rapport avec le profil de l’un de mes cinq diplômes de qualification». Notons que des jeunes rencontrés sur les lieux se sont dits étonnés par l’absence à ce Salon des entreprises publiques de par leur poids sur la scène économique. «La plupart d’entre nous préfèrent intégrer l’une d’entre elles au lieu du secteur privé, qui n’est qu’une seconde alternative car d’un intérêt moindre du fait que les contrats de travail en vigueur sont essentiellement de très courte durée, une année tout au plus», lâchent-ils.
Toujours à propos de l’absence d’entreprises publiques au Salon, le commissaire du Salon, le Dr Ali Belkhiri a expliqué, lors d’un point de presse organisé en marge du Carrefour de l’emploi : «Nous leur avons adressé des invitations. Mais je crois que devant le gel de toute initiative de recrutement, l’idée de participer à notre Salon devenait pour eux insensée. C’est du moins mon hypothèse.» Pour rester dans ce même ordre d’idées, le responsable du Salon dira en substance : «La situation difficile que traverse actuellement l’économie nationale ne peut être un obstacle à l’essor des domaines de la formation et du recrutement qui, du reste, sont des leviers de relance de notre économie.» Toutefois, selon le commissaire, «certains secteurs économiques échappent à l’emprise des contrecoups de la crise et notre objectif est précisément d’aider à créer ce lien nécessaire entre l’offre et la demande d’emploi». Il a enfin indiqué que «ce Salon est le lieu idéal pour les entreprises de trouver les compétences qu’elles recherchent et un carrefour pour les opportunités d’affaires».
Rappelons enfin que lors du Salon, des conférences seront données et des ateliers ainsi que des tables rondes seront organisés avec pour thèmes «la politique de l’emploi», «les carrières», «les métiers», «les programmes de formation», etc.