Selon le FMI, près de 20% des jeunes entre 15 et 24 ans dans un pays émergent ou un pays en développement ne travaillent pas et ne font pas d’études alors qu’ils ne sont que 10% en moyenne dans les pays avancés. Cet écart éloquent fait justement la grande différence entre les pays pourvoyeurs de migrants et les pays d’accueil. De fait, le défi de l’emploi des jeunes et leur scolarité restera irrémédiablement posé avec acuité dans les pays émergents et les pays en développement. L’école, le travail mais aussi les loisirs restent des vecteurs inéluctables de socialisation.
Cette période sensible de la vie humaine que sont les jeunes reste cruciale pour le développement de tout pays. De sa gestion dépend l’avenir des sociétés et la qualité du niveau de vie de toute nation en construction. Le malaise des jeunes dans nos sociétés n’est autre que le reflet, insupportable, de nos carences en matière de gouvernance. Et de nos inaptitudes à encadrer cette frange au moins par la scolarité ou l’emploi. Il est évident que le coût social et économique de ce manque est considérable, voire porteur de péril. La confiance dans la société tend à se rétrécir dans les pays où le niveau d’inactivité des jeunes est le plus élevé. Ce qui augmente les risques de conflits sociaux et d’instabilité. La question de la carence de confiance notamment de la frange des jeunes en leur société et en leurs gouvernants est l’un des plus sérieux écueils auxquels seront confrontés à l’avenir les pays en développement dont l’Algérie. Cette question a évidemment largement sa place parmi les préoccupations des pouvoirs publics dans leurs efforts affichés pour endiguer le phénomène de la harga.
C’est à la société d’offrir aux jeunes les raisons de ne pas penser de façon obsessionnelle à l’ailleurs. Des jeunes dont l’esprit est irrémédiablement occupé par les études, le sport ou la culture ne pensent pas quitter, à tout prix, leurs pays.
Les pourvoirs publics se doivent de remédier à cette carence de socialisation des jeunes catégories et reconquérir leur confiance. Il y va de la stabilité du pays.